Billet d'humeur

Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 10:12

Mardi 10 mars à l'Utopia, projection de "Gerboise bleue" suivie d'un débat avec  le réalisateur et quelques vétérans.


 "Gerboise Bleue ", c'est le nom donné au premier essai atomique français  réalisé dans le Sud algérien, en fé vrier 1960. Il y en aura d'autres. Des essais aériens mais aussi souterrains jusqu’en 1978.


Un documentaire formidable qu'il faut voir, que les jeunes doivent voir, mais que bizarrement aucune chaine de télé française n'est prête à diffuser...


Un documentaire qui laisse la parole aux victimes de cette guerre qui a laissé définitivement des traces physiques et psychologiques.


Ceux qui en sont revenus- les vétérans - ont de terribles problèmes de santé
: cancers, problèmes cardiaques, sans compter tous ceux qui ont été dévisagés, amputés...


Parmi ces vétérans, il n'y avait pas que des engagés, il y avait aussi des appelés, des jeunes gars qui partaient pour 24 ou 30 mois faire leur service  militaire dans ce qui était un département Français.

Ils n'ont jamais été prévenus qu'ils allaient servir de cobayes. Ils ont été trompés par l'Etat Français qui n'a, encore aujourd'hui, pas voulu reconnaitre  que leurs séquelles venaient de la radioactivité.

Et surtout, il ne faut pas oublier les populations locales qui n'ont jamais su ce qui s'était réellement passé sauf d'avoir vu un immense champignon qui a  brulé la vue de nombre d'entre eux.
Dans cette région, encore aujourd'hui, des enfants naissent mal formés, ont des  leucémies, des hommes sont aveugles.


Le plus extraordinaire, c'est qu'ils n'en veulent pas aux Français, ils demandent seulement que soit reconnu cette "saloperie", qu'on construise un hôpital pour soigner les cancéreux, et surtout que soit nettoyé le site.

 Il y traine toujours des morceaux de ferraille, des bidons rouillés....

 Honte à nous !

Pardonnez-moi moi pour ce billet un peu long, mais si vous allez voir "Gerboise  bleue"  vous comprendrez ce que j'ai ressenti, comme moi, je pense, vous serez  scandalisés.

 Nota Bene : j'ai vécu 17 ans en Algérie, pendant ce qu'on a appelé les événements  pour  ne pas dire la guerre.

Brigitte Messager

http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=471&mode=film

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 16:52

Il y a des journées vraiment particulières, aujourd’hui est une de celles-ci, assurément.

Un jour fondateur, le premier jour d’une affirmation de soi, un soi collectif et fier.

«  Gwadloup sé tan nou, sé pa ta yo », cette phrase fait couler des litres d’encre sur son sens réel, supposé, inavoué, revendiqué… peu importe ! On la décrypte suivant la place où l’on se situe, moi je la considère nécessaire et juste ! «yo » n’est pas en soi forcément le blanc, c’est le terme générique de l’exploiteur, du paternaliste, de l’arrogant  (oui…c’est souvent le blanc) mais ce n’est pas une revendication raciale d’appartenance à la Guadeloupe, c’est une légitime exigence de respect et d’équité sociale. « yo » englobe tout ce qui empêche, tout ce qui restreint, tout ce qui abaisse.

Quant au « nou », nul n’empêche quiconque de s’y joindre : des « z’oreilles » exploités, il y en a ici et pas qu’un peu. La différence se situe dans le choix d’être ici parce que c’est - croit-on - la vie de rêve et le gain facile et puis on peut repartir si ça va mal. Combien sont ici depuis des années et vivent leurs relations sociales hors travail en vase fermé ? Certes, ceux-là doivent se sentir visés par le « yo » ! Tant pis, ils ont eux-mêmes rapetissé leur humanité…

 

Aujourd’hui est donc jour de deuil, c’est à dire jour de fête ! L’île accompagne et porte en terre son enfant, son camarade, son symbole. Une mort criminelle et absurde est devenue sens. Jacques Bino, syndicaliste et  membre du groupe culturel et carnavalesque aussi éminent qu’engagé Akiyo, rassemble à Petit-Canal, son petit village natal, une marée humaine incommensurable pour une veillée et des obsèques dignes d’un grand du monde.

Il est des coïncidences qui renforcent la symbolique : Petit-Canal est un lieu spécifique méconnu des touristes : c’est ici que débarquaient les esclaves, c’est ici que chaque marche grimpant vers l’église porte le nom d’une tribu d’Afrique ayant contribué dans l’horreur au peuplement de la colonie. Sur la dernière marche - celle d’en haut - est gravé  le mot « Liberté », les guadeloupéens aspirent désormais à y lire Egalité et Fraternité…

 

Le gymnase du village voit confluer une foule gigantesque vêtue de noir et de blanc mais les visages sont noirs, tous ! Sauf les nôtres et ceux des journalistes présents qui, du coup, nous sautent dessus en s’interrogeant sur notre présence… ! Ainsi donc les convictions auraient une couleur ? J’ai honte pour ceux que malgré moi je représente, c’est à pleurer ! Pourtant il y a nombre de métros conscients des disparités, beaucoup d’enseignants il est vrai, où sont-ils ? Ils n’ont rien compris ? Nous allons reprocher aux antillais de mener un combat racial alors que ce sont les blancs qui s’excluent du paysage ??

Il est déjà 15 h, voici Elie Domota, le charismatique leader du mouvement LKP  - collectif de syndicats et d’associations - lui-même responsable du syndicat très à gauche et très indépendantiste UGTG. Il est étonnamment encadré par un service de sécurité interne aussi important que peu amène, un vrai chef d’état ! Impression étrange !

Quelques minutes plus tard, seule et à tel point qu’il a fallu qu’elle me frôle pour que je la remarque, Ségolène Royal. Je suis étonnée du caractère anodin de son arrivée, elle s’installe dans le gymnase où se déroule l’office pour une heure encore mélangeant oraisons, chants, ka, discours revendicatifs et témoignages. 

Et puis, la sortie du cercueil sous une haie d’honneur de fleurs, de chants enjoués bien que funèbres,  encore rythmés par le son du ka et du lambi. Et comme d’un seul homme, les poings levés de cette houle humaine se tendent en un  mouvement digne et émouvant.

 

Oui, ce fut une journée particulière.

 

Cerise sur le gâteau ce matin, goutte d’eau qui fait déborder ma colère… Les seuls commentaires que peut énoncer le Parti socialiste, mon parti…, de la bouche de sa première secrétaire, en substance la présence de Ségolène en Guadeloupe et ses propos n’engagent pas le Parti … Bravo, Martine !! C’est bien dommage que cela n’engage pas le Parti, parce qu’il est engagé où le Parti, il dit quoi le Parti pendant qu’ici se mène un combat, un vrai, un qui devrait nous trouver aux avant-postes ? On converse des heures durant, en réunions de section, au pire sur la place des virgules, au mieux sur des concepts grandiloquents avant de retourner à nos réalités confortables et quand de véritables enjeux nous éblouissent, fondements de nos engagements, on se contente du service minimum, d’un petit communiqué au pseudo vibrato d’indignation… avec un lapsus en prime !! J’espère pour toi Martine et pour notre honneur, que peu l’ont remarqué, tu as de la chance, peu nous écoutent !! Et on ose parler de récupération !! Ségolène est là, seule sur ce terrain, où se passe quelque chose, loin de Solférino (la faute à qui ?) alors évidemment, on la remarque ! J’ai vu aujourd’hui les reportages sur la manifestation parisienne de soutien au mouvement,  ou bien mes lunettes me font défaut, ou bien la presse est aveugle…ou bien comme souvent, nous brillions par notre modestie !! Pourtant ça se passait bien en France… métropolitaine, hein Martine ?

Allez, une fois encore nous passerons à côté de l’histoire qui se déroule ! Ce n’est pas grave, la honte se boit sans soif dans notre cher Parti … A la nôtre, camarade ! 

 

Christiane Bélotti-Maridat

Petit-Canal, le 22 février 2009

Le Moule, le 23 février 2009  

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 13:30

Cette frivole comptine que fredonne une de mes filles – comme un acte pavlovien en revenant sur l’île de ses premières années d’école maternelle – prend aujourd’hui un sens nouveau… peut-être est-ce l’envol du papillon, enfin !

Enfant, j’avais lu avec délectation un ouvrage de la bibliothèque rose intitulé – de mémoire – Clara chez les Blanc-Blanc, l’histoire édifiante d’une gamine de mon âge, enfant de colons, sympathisant avec une fillette noire, plus jeune rejeton de la famille Blanc-Blanc !! Une vision incroyable des colonies, condescendante et compassionnelle à souhait, certes, un truc écrit dans les années 30, fleurant bon le Banania !

 

Bref, en arrivant en Guadeloupe pour y vivre, il y a quinze ans, j’étais naïvement convaincue que la République, et la gauche de surcroît, avaient éradiqué toutes différences, sur le plan du droit tout au moins. J’ai vite pris la mesure du décalage absurde et inique : un SMIC très inférieur à celui de la métropole, des allocations familiales minorées (des fois que « l’argent-braguette » aurait favorisé encore davantage  la démographie locale !), une absence de prise en charge des fournitures scolaires de l’enseignement primaire sur la quasi totalité de l’île (à l’exception des rares municipalités communistes), pas de restauration dans les collèges publics, un coût des denrées injustifié, un amas surréaliste de bidonvilles autour de Pointe-à-Pitre, un sous-emploi patent des locaux dans les entreprises gérées par les métros, un pathétique inventaire… Depuis, les disparités en terme d’allocations ont été quelque peu gommées, les collectivités territoriales ont pris leur part autant que possible dans les prérogatives qui leur reviennent, mais tant reste à faire, à commencer par le respect.


Le plus étrange pour moi était cette résignation de la population locale, incompréhensible…et les élections successives  confortant  des potentats locaux aux mœurs condamnables mais jamais ou presque condamnées, un clientélisme vigoureux et infantilisant ! Et puis, hélas, une société guadeloupéenne hiérarchisée et cloisonnée – et pas selon l’unique critère manichéen noir-blanc ! Des communautés clivées  par une sorte de déterminisme archaïque issu de l’histoire de la colonisation, ancré dans des réalités économiques inéluctablement conflictuelles.

On assiste aujourd’hui soit à un soubresaut sévère de ce système soit et je l’espère, à l’envol du papillon !

Christiane Bélotti-Maridat

Le Moule, 19 février

      

 

 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 17:55

 

 

Drôle d’ambiance … je connais parfaitement cette île et pourtant ce soir elle a un air étrange  – comme une amie que l’on reconnaît à peine – malgré le mélange d’odeurs familières, telles les effluves de poulets boucanés le long des routes des Grands Fonds qu’emprunte notre chauffeur afin d’éviter les barrages routiers jusqu’à la maison que nous louons au Moule. Déjà, à l’aéroport, quasi personne : en trois minutes, le contrôle qui prend des plombes en temps normal est effectué.

Nous prenons rapidement nos marques dans notre magnifique maison au raz de la mer, un petit en-cas et une première nuit réparatrice du décalage horaire ! Décalage, le maître-mot !

Premier matin : comme un sentiment fugacement paranoïaque m’oppresse alors que nous décidons de parcourir à pieds les deux petits kilomètres nous séparant du village pour y trouver des fruits frais et…des sandales (un de nos sacs plus malin que nous n’a pas pris l’avion !)

Nous saluons avec une courtoisie accentuée la moindre âme qui vive croisée sur le chemin. Notre différence me saute aujourd’hui aux yeux avec une acuité particulière, peut-être sommes-nous déplacés dans le contexte.

Tout se passe avec facilité, sourires, et nous trouvons jusqu’à des yaourts – réputés introuvables – dans une petite superette. 

En fin d’après-midi, nous prenons la voiture et nous dirigeons vers la Pointe des châteaux et son calvaire que nous entreprenons de gravir… non, il ne s’agit pas d’une crise de foi mais de prendre de la hauteur sur la situation puisque d’ici on domine l’île entière. Dommage, la brume obscurcit la vision !

Au retour, à Saint-François, un petit miracle… le marché des producteurs locaux, une profusion à peine imaginable de fruits, légumes, accras, boudin et autres gratins de christophines… «  dites-leur en métropole que la situation n’est pas si grave, c’est pas ici que tu vas faire un régime ! »   me confie en souriant la marchande de petits pâtés au crabe…  Cela aurait pourtant été un moindre mal !

Le deuxième matin est d’une autre tonalité, dès 6 h 30, nous prenons connaissance des évènements de la nuit par le radio-réveil… des émeutes à Pointe-à-Pitre, des barrages un peu partout, des mises à sacs avec incendies de sociétés, propriétés de grandes familles « blancs-pays » et…. un mort, un syndicaliste qui aurait voulu forcer un barrage tenu par de jeunes casseurs, à ce que nous en savons sans certitude. La circulation sur l’île est quasi impossible donc pas de risques inutiles, la plage sera donc notre seul horizon malgré le désir que nous avions de revisiter chaque recoin de cette île sur laquelle nous avons vécu plus de cinq ans, il y a longtemps déjà.

 

Je ne peux m’empêcher de conclure à l’incurie flagrante du gouvernement, comment a t-on pu attendre 13 jours de tourmente pour envoyer un simple secrétaire d’État sans connaissance des réalités locales et sans mandat précis ?  Comment personne n’a  pu « expertiser » la situation antillaise et ne pas prévenir notre président au don d’ubiquité permanent, de l’état de sous-citoyenneté chronique dont souffrent les DOMiens  Au bout de quelques mois de résidence ici, j’avais perçu cette injuste réalité, scandaleuse s’il en est, de notre République « une et indivisible »…!! Pas besoin d’être grand clerc ! La liste est longue et honteuse des renoncements à l’équité, je relisais récemment un texte de Decrès, ministre des colonies du premier consul Bonaparte, chargé de rédiger un rapport sur l’état de la rebellion en Guadeloupe précédant le rétablissement de l’esclavage en 1802 :

«   La liberté est un aliment pour lequel l’estomac des nègres n’est pas préparé. Je crois qu’il faut saisir toutes les occasions pour leur rendre leur nourriture naturelle sauf les assaisonnements que commandent la justice et l’humanité. » (in Joseph Ignace, le premier rebelle de Roland Anduse, éditions Jasor)

 

Je ne commettrais pas de déni de réalité en mettant sur un pied d’égalité les deux époques mais force est de constater et de regretter que la métropole appréhende avec une condescendance certaine et une somme incommensurable de clichés erronés ses territoires « exotiques ».

Qu’associe la quasi totalité de nos concitoyens à l’évocation des Antilles, si ce n’est plages de rêve, cocotiers, ti punch, langueur, carnaval, paradis fiscal et retraite dorée ? La réalité a pour nom Carénage, Boissard, chômage massif, jeunes en mésestime, déracinement obligatoire… et Vaval n’aura peut-être pas plus lieu que la guerre de Troie !

Et pourtant quelle situation idéale pour notre pays que ces territoires à l’orée du continent américain, à un saut de puce du Brésil… Quelle tête de pont inespérée !

Décalage, décalage !!

 

Pour l’heure, José Bové est attendu aujourd’hui, invité qu’il est par le syndicat des producteurs agricoles, je ne vois pas trop en quoi cela désamorcera quoi que ce soit (je n’ose dire au contraire), il ne manquerait plus que Besancenot comme pompier pyromane !

Chacun est suspendu désormais à l’issue des rencontres de demain entre le président, auquel plus personne ici n’accorde crédit, et les élus locaux sérieusement controversés pour leur supposée complaisance à l’égard du pouvoir. Autant dire une gageure !

 

Demain sera donc un autre jour…

 


Christiane Bélotti-Maridat

Le 18 février depuis Le Moule, lieudit L’autre Bord…

 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 10:07

Anéantie par le trop-plein de vulgarité morale qui submerge les journaux d'information tous médias confondus, j'ai cessé depuis des semaines de m'intéresser à l'actualité. Je n'en perçois que des échos, tous pires et plus affligeants les uns que les autres. Plus possible de supporter la vision ni la voix de Sarkozy et de sa clique. Et je ne suis pas la seule. Beaucoup d'amis autour de moi se détournent même des infos sur France Culture... Et je me sens malheureuse. Comme exilée sur une île déserte dans un film de Bergman.

Comment adhérer à un parti politique et ne plus pouvoir se sentir en liaison avec la Chose politique ? C'est une position insupportable et vraiment culpabilisante. Certains ricanent lorsque je dis m'être réinscrite au PS. Certes, il est tout à fait ridicule aujourd'hui de soutenir un parti aussi piteux et devenu insignifiant devant le rouleau compresseur sarkozien. Mais il est encore plus ridicule de se morfondre, de bougonner les bras ballants en attendant que « ça » passe. Notre rôle et nos moyens sont modestes. Mais c'est un petit rien qui fait tout. Toute la différence. Alors ne laissons pas en sommeil notre capacité d'échanger et d'exprimer notre colère. Colère de voir se mettre en place un système médiatique totalitaire. 

Un appauvrissement organisé de la pensée et de tout sens critique. Une  dégradation systématique du regard et de la curiosité...

Colère de voir saccagés le service public, la culture, l'éducation. 

Pourquoi, en contrepartie, si peu de mobilisation autour des lycéens, des étudiants qui descendent par petits groupes dans la rue ? Pourquoi si peu d'échos aux drames qui sont rapportés ici ou là sur Internet (chiens, rafle dans les écoles...), sans parler de la situation désespérante que vivent certains profs (dans des zones sensibles ou même pas) : j'ai entendu récemment le témoignage d'une jeune prof de français qui, les larmes aux yeux, racontait son impuissance devant des élèves qui, par provocation, se tailladent les veines pour souiller leur copie ou n'hésitent pas à se masturber ouvertement   pendant les cours... et sa solitude face au silence de ses collègues qui craignent pour leur poste ou l'absence de soutien du proviseur qui craint tout tapage médiatique... Des exemples, il y en a certainement d'autres : profs insultés ou agressés dans des boîtes privées, ou carrément culpabilisés par leur directeur d'établissement d'abord soucieux de ne pas déplaire aux parents parce qu'« ils paient »... 

Qu'en dit-on sur la place publique ? Des soupirs, des haussements d'épaule fatalistes. Et puis plus rien.

La violence des faits rapportés n'est rien face à la violence du long silence qui les suit.

Nous vivons dans une société qui dévale une pente et entraîne dans sa chute les valeurs d'un authentique humanisme voué à disparaître dans l'obscurité d'un magma d'indifférence.

Je ne suis pas bouddhiste, je ne suis pas zen. Je n'ai pas la sagesse des singes chinois. Et ma colère ne peut pas être tranquille. Mais qu'en faire ? L'enfermer dans un bocal et taper dessus pour faire de la musique ? Le pire, c'est que je sais que nous sommes nombreux à vouloir crier. Mais les révoltes éparpillées restent inaudibles. Les convictions de gauche qui nous lient sont un ciment, ne le laissons pas tourner à vide dans la machine. Si nous donnons des exemples de paroles, d'opinions, de témoignages martelés tous les jours, tout le temps, nous parviendrons peut-être à sensibiliser, concerner cette foule de sympathisants hyper sceptiques et effrayés par le spectacle lamentable du PS, pour leur donner à penser qu'ils peuvent aussi avoir voix au chapitre et, qui sait, se motiver pour s'engager un peu plus...

Alors, les copains, ne pensez-vous pas qu'il serait temps de réactiver le blog, occuper le terrain à notre façon, pour que notre petite voix se joigne à d'autres et recommencer à jouer aux Indiens qui envoient des messages dans le ciel ?


Véronique pour Bordeaux Avance 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /2008 19:36

Le vote de Jack Lang est scandaleux, trahir son camp à ce point là est inacceptable, mais, cerise sur le gâteau, des députés PS considèrent que l’on peut aussi voter une loi qui par quelques points, même minimes, sont sur notre ligne.

 

NON !

Sarkozy c’est la casse du Code du travail, c’est la chasse aux sans papiers, c’est le fichier Edvige, c’est la franchise médicale, le discours de Dakar, la visite au Pape et l’attaque contre la laïcité, le mépris des syndicats et des partis d’opposition, la venue de Kadhafi reçu comme un prince, le pouvoir d’achat qui se rétrécit, l’ANPE transformée en grande machine à radier. Toute caution donnée à ce pouvoir c’est trahir vos électeurs, Messieurs les députés PS, qui vous ont désignés pour défendre les valeurs de la République : Liberté, Egalité et Fraternité.

Retournez devant eux et allez leur expliquer à ceux qui ne peuvent plus se soigner, trouver un logement, payer l’école pour leurs enfants, que l’ont peut temporiser.

Ce qu’ils attendent de vous, c’est que vous les défendiez contre des lois iniques votées depuis le début du  mandat de ce Président qui distribue des millions d’euros aux patrons et à Tapie, qui avoue qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses pour des réformes sociales, pour l’hôpital public et les prisons, qui supprime les postes d’enseignants, qui veut ficher tout ce qui ressemble de près ou de loin à un opposant !!!

Allez expliquer au monde culturel la menace ayant pesée sur le livre avec la proposition de suppression de la loi Lang, la main mise sur les médias, aux associations d’Education Populaire les restrictions de subventions, aux laïques la comparaison entre le curé et l’instituteur, aux défenseurs des droits de l’Homme l’attitude à Pékin et les camps de détention de sans papiers, aux syndicalistes le dénigrement des grèves et la mise en place du service minimum, aux directeurs de prisons l’augmentation des incarcérations sans places supplémentaires, aux éducateurs la politique envers les mineurs, aux chômeurs la fusion de l’ANPE et des Assedic , etc…

 

Et d’aucun accepterait de pactiser avec ce pouvoir !?!

Que le PS fasse l’unité en son sein et qu’il construise une vraie opposition au lieu de se faire perpétuellement la guerre des chefs. Cela ne le grandit pas, et surtout qu’ils enlèvent les carottes qu’ils ont dans les oreilles, ces chefs,  pour écouter la rue car ils n’ont vraiment rien compris depuis 2001 et malgré la défaite de 2007.

 

« Tout pouvoir, qui ne se légitime ni par la raison, ni par l’équité finit toujours par provoquer à la longue, dans la famille comme dans l’Etat, l’irritation,  la rébellion, la révolution. »

Maria DERAISMES

 

Pour Bordeaux Avance, Dominique POIRIER, une femme de gauche en colère

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 09:24

Midi, hier, je tentais de prendre la rocade, bouchon… au loin des camions. Et bien j’y étais, j’étais bloquée par une manifestation de routiers, se battant pour faire diminuer le prix de ce foutu litre de gas-oil. C’est peut-être une bonne chose – enfin, c’est assez partisan –, mais au bout du compte, chacun lutte pour sa paroisse… et les automobilistes dans tout cela ? Vous et moi, et les autres : nous subissons, nous baissons l’échine et parfois nous râlons lorsque nous avons le moral pour le faire.

Fait de société inéluctable, le prix du baril augmente, et c’est le consommateur qui trinque. C’est ce que les médias de propagande gouvernementale nous instillent chaque jour. Pas de solution face aux compagnies pétrolières, pas de solutions face à l’hégémonie des pays producteurs, pas d’énergies de substitutions viables… Enfin, rien d’aussi efficace que cette bonne vieille énergie fossile qui s’épuise et qui dans 20 ans n’existera plus. Ségolène Royal, lors de son déplacement « turbo ! ! ! » à Bordeaux, a certainement fait mouche, en mettant le gouvernement face à ses responsabilités. Si « les caisses sont vides, c'est parce qu'ils les ont vidées », a-t-elle déclaré, jugeant que l'on était face à un « État impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant », particulièrement face à la hausse des prix de l'énergie.
Dans ce cadre, elle a appelé à « prélever les profits de Total, qui sont un bien collectif », afin d'investir « 80% de ces profits dans les énergies renouvelables" et de "préparer l'après-pétrole ».

Ce qui est assez drôle c’est que le dimanche soir, Dominique Bussereau (ministre des Transports) était interviewé sur France Inter, le journaliste lui demandait de commenter l’attaque de Ségolène Royal contre l’immobilisme du gouvernement. L’ami Bussereau n’a rien su répondre, sinon expliquer qu’une fois de plus Ségolène Royal exagérait, qu’elle était en mauvaise position entre Aubry et Delanoë et qu’elle essayait de faire parler d’elle et, a-t-il conclu, « il faudrait que Total soit une entreprise plus citoyenne… ». Cela me laisse rêveuse… Souhaite-t-il lui aussi demander à Total d’investir une partie de ses profits dans des recherches sur les énergies nouvelles ? Heureusement que Ségolène Royal était là pour lui indiquer le chemin… Je crois même avoir entendu que le candidat démocrate aux élections américaines aurait également l’idée saugrenue de taxer les profits des compagnies pétrolières… peut-être un tournant intéressant ?


Mais, plus sérieusement, et au-delà des batailles stériles et réponses inefficace, le prix de l’énergie est devenu un casse-tête pour n’importe quel gouvernement. Si nos dirigeants actuels continuent cette politique de renoncement, je ne donne pas cher du monde occidental et surtout de ses démocraties. Philippe Val a fait un excellent édito dans Charlie Hebdo, expliquant que le pouvoir était aux mains des membres influants de l’Opep, que ces derniers étaient à la tête de dictatures hostiles aux États de droit et que leur jeu  consistait à enfermer les démocraties occidentales dans leur incohérence pour les conduire vers une pratique plus autoritaires de l’État. Comment interpréter cette annulation de mariage, sinon comme un signe fort à ces États-là, « voyez comme nous vous comprenons… nous aussi, nous savons revenir aux valeurs morales et religieuses essentielles ».

La colère qui monte aujourd’hui se nourrit de l’absence de décision de fonds. Nombre de personnes à revenus moyens ont investi loin du cœur des villes, en raison du coût prohibitif de l’immobilier. Pendant combien de temps, ces gens-là pourront-t-ils encore se déplacer ?


Des alternatives existent pourtant, l’énergie solaire par exemple, pour l’habitation, et pour les véhicules, le moteur à air comprimé, inventé en 1996 par la Société MDI à partir d’une bouteille de plongée et dont la licence d’exploitation vient d’être cédée en exclusivité à l’Indien Tata Motors en 2007. Ces moteurs ne polluent pas et les voitures roulent. Je vous invite à vous renseigner et visiter le site de cette société française précurseur dans le domaine des véhicules non polluants, (
http://www.mdi.lu/fra/affiche_fra.php?page=accueil ).


Nous devons certainement aujourd’hui orienter nos choix politiques vers ceux qui tentent de faire changer les mentalités à travers un discours fondateur et qui ont un vrai courage politique. Le sujet de l’énergie deviendra certainement, demain encore plus qu’aujourd’hui, un phénomène de société et créera encore davantage d’inégalités. Seuls ceux qui ont le pouvoir (politique, financier) seront préservés. Mon propos ne relève pas de l’utopie ni du catastrophisme, mais nous ne pouvons pas nous contenter des réponses de l’actuel gouvernement et l’opposition, aujourd’hui, doit prendre le problème par les cornes et en faire son sujet de prédilection. La lutte est inégale, mais nous avons le nombre avec nous. À nous et aux dirigeants de la belle maison socialiste, d’avoir un discours à la hauteur de l’enjeu…

Valérie pour Bordeaux

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /2008 22:07

Il ne manquait que cette touche délicate au tableau des hontes bues … V ive la république !!!

Ainsi, la virginité féminine serait désormais admise par le droit français comme « qualité essentielle » sans laquelle le mariage pourrait être invalidé pour peu que l’époux se déclare abusé…

Ainsi, l’honneur de l’homme se situerait entre nos cuisses…

J’avais la vision romantique d’un mariage, acte d’amour (qui, dit-on, rend aveugle) et de confiance, que nenni ! Erreur, ma bonne dame ! Il s’agirait juste d’une transaction commerciale à l’issue de laquelle on peut invoquer le vice caché (dans tous les sens du terme) pour rompre la vente. Belle définition et grosse désillusion !

Je vois néanmoins l’avantage de la situation : combien de fraîches épousées vont se saisir se cet article redécouvert du Code Civil pour se débarrasser en toute légalité de l’ignoble beauf avec lequel elles ont convolé en injustes noces alors qu’elles se rêvaient pour la vie avec le prince charmant ? Hélas, je crains que la parité ait encore moins atteint ce pan de la vie que les marches de l’assemblée nationale !

Et puis, quelle est la durée de la garantie… infinie comme pour le vice caché de la chose vendue ? Quelles sont ces qualités essentielles dont le défaut déshonore irrémédiablement Pierre, Paul, Ahmed, Samuel, Catherine ou Fatia ?

Bon sang, mais c’est bien sûr, dans certains cas –comme pour les voitures trafiquées- il doit être possible de « réparer » l’irréparable… Ouf…à quoi ça tient le bonheur d’une vie !

Juste, je me demande : pour la bêtise, l’hypocrisie, la violence, l’ignorance, l’abrutissement… c’est où le bureau des plaintes et le service après-vente ?

 Courage mes sœurs, le pire est toujours devant !!

 Christiane pour Bordeaux Avance

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /2008 14:36

 

Le Parti socialiste commence enfin à sortir de sa torpeur… et revient sur le devant de la scène de façon un peu plus claire et constructive qu’il y a quelques mois (pléonasme !!!)

Nous ne pouvons que souscrire aux déclarations de principe qui viennent d’être publiées. Elles sont l’essence même du socialisme : révoltes contre les injustices, égalité pour tous, fondée sur des principes de redistributions, laïcité (bien entendu) et progrès social.

La nouveauté principale émane du constat évident et incontournable que la pensée socialiste doit s’inscrire au sein même de l’économie mondiale. Nous ne devons pas laisser à la droite le monopole de cette activité économique et

nous devons, de façon ferme et définitive, en exposer notre vision : une économie partagée, progressiste et qui ne laisse personne sur le bord de la route. Autre nouveauté, la défense de la planète et, de ce fait, la sauvegarde de l’humanité, ce qui est une façon de se rapprocher des écologistes.

Ces déclarations de principe ont certainement beaucoup plus d’importance que les médias veulent bien le dire. Elles sont fondamentales dans le cadre de la rénovation du Parti socialiste, et indispensables dans la reconquête de l’opinion. Le socle étant posé, il faut dès à présent porter et diffuser cette pensée moderne, pleine d’espoir. Revient donc sur le tapis l’idée de leader… n’en déplaise à certains, je n’ai encore jamais vu un groupe, quel qu’il soit, fonctionner sans leader (la famille, l’entreprise, les associations, les groupes religieux, les équipes de sport…).

 

Mais cela ne suffira pas. Il faut que cette pensée agisse au cœur même de la société de consommation. Je m’explique : notre époque assiste à une grave dévaluation de la valeur travail, et la notion de responsabilité est trop souvent reportée sur l’autre (c’est pas moi c’est lui…). On laisse croire à chacun que tout s’obtient facilement (merci la Star Ac’ !). Il ne s’agit donc pas seulement d’expliquer une pensée, une action, il faut changer les mentalités… Je sais lecteur, c’est un vaste programme, mais ce n’est qu’à ce prix que nous redeviendrons crédibles. Il faut cesser de dire aux gens ce qu’ils veulent uniquement entendre. Sarko l’a fait pour nous et l’on voit aujourd’hui le résultat : des déçus, voire des revanchards, qui représentent 53 % des votants… Promettre en se disant que « de toute façon, ils oublieront », ça, c’est du Sarko. Mais il y a aussi une responsabilité de l’électeur qui ne vote qu’en regardant par le petit bout de la lorgnette… c’est-à-dire son propre intérêt.

Nous y voilà. L’individu au centre de tout. L’individualisme dans ce qu’il a de plus néfaste pour une société dont l’essence même est le vivre ensemble.

Nous devons nous mettre au travail, tous, et maintenant. L’essence du socialisme est l’épanouissement de l’homme au sein de la collectivité. Chacun doit donc compter avec les autres, comme il peut compter sur les autres. Rien ne s’obtient sans effort. Celui qui est défavorisé peut être soutenu par la société, mais il doit également s’aider lui-même (le socialisme a trop longtemps été assimilé à de l’assistanat). Le régulateur de la redistribution, c’est l’État, les collectivités locales, impossible qu’il en soit autrement. Bref, un travail de fond doit se mettre en place, il sera long et ingrat, car il n’est vraiment pas dans l’air du temps. Mais la modernité du socialisme réside peut-être là : Aller contre l’air du temps…


Valérie pour Bordeaux Avance

Téléchargement de la déclaration de principe.

http://www.parti-socialiste.fr/#


 

 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /2008 15:44

 

Il me semble que quelques définitions s’imposent et cela afin d’éclaircir la vision bordelaise de l’après campagne… municipale.

J’entends parler de société civile, de colistiers, de militants, et parfois de socialisme.

 

Pour définir le socialisme, d’aucun l’ont fait bien avant moi et avec beaucoup de talent, je vous renvoie donc au texte de Léon Blum intitulé « De quoi est né le socialisme » et dont nous avions déjà publié un extrait. Je ne peux que vous en recommander à nouveau la lecture.

 

Les autres termes sont beaucoup plus croustillants et peuvent laisser libre court à l’imagination. Commençons par le premier :

 

La société civile. Bien entendu, elle est toujours mentionnée par opposition à l’autre, celle des fonctionnaires… et, abusivement peut-être, celle des militants de partis politiques.

Le terme me paraissant utilisé à tort et à travers, j’ai tenté d’en trouver une définition. Je vous la livre : « En science politique, la société civile c’est “L'ensemble des rapports interindividuels, des structures familiales, sociales, économiques, culturelles, religieuses, qui se déploient dans une société donnée, en dehors du cadre et de l'intervention de l'État." (J.-L. Quermonne) En somme, la société civile, c'est ce qui reste d'une société quand l'État se désengage complètement. En prônant le désengagement de l'État, on prônerait un renouveau ou une réactivation de la société civile: imaginons tout ce qui se vit, se pense, se crée et se contracte en dehors des officines gouvernementales, de l'armée, du parlement et des tribunaux. Évidemment, la société civile n'habite pas un lieu précis ; elle s'attache plus aux rôles institutionnels qu'aux personnes. Un fonctionnaire entre dans la société civile sitôt qu'il quitte ses bureaux ». Donc, lorsque sur une liste électorale certains se présentent ou sont présentés comme représentant la société civile, je ne vois pas pourquoi il y aurait une incompatibilité dans le fait d’être à la fois militant et appartenir à la société civile.
Alors pourquoi parle-t-on tellement de société civile ? On la présente souvent comme une alternative à ceux qui appartiennent à un parti politique. Est-ce si nouveau de voir des citoyens – qui ne sont pas fonctionnaires – se présenter sur des listes électorales ? Je ne crois pas… je me demande donc pourquoi tant de personnes se réclament aujourd’hui de la société civile. L’appartenance à un parti politique est-elle aujourd’hui si honteuse, doit-on s’en cacher ? La politique serait-elle sale ? Il faudra que nous revenions une prochaine fois aux origines grecques du mot « politique ».

 

Le deuxième terme est colistier. Cette fonction me semblait être liée à l’appartenance à une liste (à vocation électorale). Certains colistiers deviennent par exemple, en cas de victoire aux élections municipales, des conseiller municipaux, les autres redevenant eux-mêmes (ce qui est déjà beaucoup). Alors qu’en cas d’échec, les colistiers sont amenés à disparaître. Et bien, c’est là que « je me goure » (comme disait Queneau dans son poème Si tu t’imagines "ce que tu te goures fillette, ce que tu te goures"…) : après la défaite d’Alain Rousset, ses colistiers sont restés en l’état, se réunissant même entre petits camarades… de la société civile.

Le colistier va donc réfléchir, penser et construire l’avenir, le monde de demain. Pas au sein d’un parti, non, juste à côté. Parce que c’est certainement mieux et que la pensée y est peut-être plus libre… c’est la seule raison que je trouve à ce mouvement. Gageons qu’il sera porteur et qu’il saura bien entendu se faire entendre, parce que penser sans que personne n’en sache rien, ce n’est pas très productif ni constructif, et j’espère que je ne me goure pas.

 

Enfin le dernier terme est militant : celui qui milite, qui s’inscrit dans un mouvement et tente de le promouvoir, qui fait du prosélytisme en quelque sorte. Il est, au parti socialiste, assez râleur, plutôt bonne pâte et en tout cas menace 50 fois par jour de déchirer sa carte, mais il est toujours présent (en général) et se bat pour un idéal. Je crois que les militants de tous les partis, sont ainsi, peut-être pas aussi agités qu’au Parti socialiste, mais ils doivent avoir des états d’âme eux aussi. En général, ils ne militent pas pour gagner une place au soleil mais plutôt parce qu’ils ont envie de voir s’imposer leurs idées.

Il y a le militant qui a…. xx années de militantisme derrière lui – et qui le dit, il y a le militant « à 20 euros » qui tente de comprendre les méandres du PS et puis il y a le militant dit de base, celui qui colle les affiches et distribue les tracs et qui n’est autre que la conjonction des deux premiers.

 

J’aimerais donc comprendre aujourd’hui pourquoi tous ces gens-là, société civile, colistiers et militants ne s’appellent pas tout simplement des socialistes. C’est plutôt un mot porteur d’espoir, de valeurs… l’envie de construire demain une société plus juste.

Je dois être naïve… Mais à bien y réfléchir, je pense que, finalement, je dois être métisse : militante et société civile…

Pour ne pas dire, et avant tout, socialiste.

 

Valérie pour Bordeaux Avance

 

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