JEUDI 29 JANVIER
TOUS DANS LA RUE
QUAND IL Y A GREVE
ON S'EN APERCOIT
JEUDI 29 JANVIER
TOUS DANS LA RUE
QUAND IL Y A GREVE
ON S'EN APERCOIT
L'équipe de Bordeaux Avance vous adresse ces trois voeux pour cette nouvelle année.
Ainsi il y aurait une geste différente pour fêter une élection que de s’abandonner aux plaisirs lascifs d’un palace et au doux roulis d’un yacht en or massif …
Oui, une maïade dans un village au bout de notre terre de Gironde ! Maïade ou plantation de l’arbre de mai.
J’en entends déjà certains : hein ? Mais kèskecédonc ? La tradition est pourtant bien vivace dans certaines campagnes du pays d’Oc, elle a du beau et surtout du bon. J’explique !
De tout temps et en toute bio-logique, le mois de mai a représenté le renouveau : du soleil, de la végétation, de l’amour. Bref, de l’ensemble des forces de la nature. Cela a, dans nombre de cultures différentes, donné lieu à fêtes païennes, ripailles et gaudrioles associées souvent à une célébration des ancêtres et à la chasse aux mauvais esprits. Perdurent d’ailleurs le Maibaum en Bavière ou le Meyboom en Belgique.
Puis, sous la révolution et dès 1790, le sens de la plantation de l’arbre est de
venu plus engagé, il devient arbre de défiance envers les
puissants (arbre émeutier devant le château des nantis qui résistent malgré l’abolition des privilèges) et en 1794 enfin il se transforme en arbre planté sous la liesse populaire à la gloire des
nouveaux élus lors de chaque nouvelle élection municipale. Il fixe pour les générations à venir l’esprit de la liberté et des droits de l’Homme.
Et nous en arrivons enfin à cette joyeuse cérémonie laïque et républicaine de ce début de XXIème siècle en la commune de Captieux au lieudit Rivedieu (petit clin d’œil œcuménique !)
Dès le matin, un pin nu, roi des forêts landaises, fut déposé dans le jardin du nouvel impétrant (mais oui !) sur un tréteau, attendant son habillage.
La fin d’après-midi voit arriver, outre un soleil timide mais bien présent, les villageois et la ribambelle des enfants-décorateurs en charge de l’agrémenter de mille fleurs crépons tricolores, puis, au son des fifres, les mêmes enfants, une fois l’arbre érigé et bien callé dans son trou, entourent son tronc d’une large guirlande de buis enrubannée.
Le clou du spectacle (osons !) est l’ascension de l’arbre, certes sur une échelle, de l’édile afin d’y
plaqu
er la pancarte à sa gloire "Honneur à notre
élu ".
En remerciement, l’élu honoré régale généreusement ses électeurs et amis jusque tard dans la nuit mais ceci est une autre histoire qui n’appartient qu’à ceux qui y étaient …
La tradition est à méditer car « la leçon toujours vivante du mai est le signe de l’autorité sacrée que la communauté reconnaît aux hommes qu’elle a choisis pour le représenter, la défendre et la diriger. A eux d’en être dignes… »*
Christiane pour Bordeaux Avance
* M.F Houdart in Arbres de mai, éditions Maïade
Quelques articles parus dans la presse écrite ont toutefois évoqué le parcours de cette pionnière de l’ethnologie partie seule en mission dans les Aurès, au début des années 30 (elle en rapporta des images, retrouvées récemment, et publiées dans L’Algérie aurésienne) ; puis son engagement immédiat dans la Résistance, au sein du réseau du musée de l’Homme ; arrêtée, elle est internée à Ravensbrück où elle trouve la force de poursuivre son travail en consignant témoignages et toutes « informations utiles au déchiffrement du projet nazi ».
Voyant un reportage où elle évoquait son expérience des camps, j’avais été frappée par le regard plein de bonté et de clairvoyance qu’elle portait sur des photos de codétenues, apprêtées et souriantes devant l’objectif, alors qu’elles dévoilaient les cicatrices affreuses de leurs sévices. Et, puisque l’humour devait aussi l’emporter sur l’horreur, elle écrivit pour ses camarades une opérette sombre et sarcastique, Le Verfügbar aux enfers, preuve éclatante que « la connaissance est un engagement et une évasion car, lorsque vous n’avez plus rien, seule la raison humaine peut vous empêcher de sombrer ».
Après la guerre, Germaine Tillion poursuit son engagement en faveur des droits de l’homme, n’hésitant pas à servir de médiatrice lors du conflit algérien et à dénoncer publiquement la torture. « L’asservissement ne dégrade pas seulement l’être qui en est victime, mais celui qui en bénéficie. » (Le Harem et les cousins).
Gageons que les hommages inciteront désormais le grand public à mieux connaître l’œuvre et l’action de cette femme-phare qui possédait, pour reprendre les mots d’un de ses anciens élèves, « l'intelligence, la compassion et en même temps la force, une incroyable volonté de résister, de faire pièce à l'injustice sans se montrer indigne à son tour... Merci à elle d'avoir existé. » (Ph. Souaille, La Tribune de Genève)
Docteur Schulz pour Bordeaux avance
le.
C’est tout d’abord la prochaine et définitive disparition de Marie-Brizard, société bordelaise emblématique s’il en est, avec à la clef la disparition de plusieurs dizaines d’emplois. Dans un secteur économique particulièrement prospère et inventif à Bordeaux, n’y avait-il vraiment aucun moyen pour la municipalité, lors du rachat de Marie-Brizard il y a quelques années, d’être plus offensif et innovant pour garantir pérennité et expansion de cette société au sein de la ville ?
Dans un autre domaine, la situation préoccupante de l’École de Santé des Armées (Santé Navale),
présente ici depuis 120 ans et très probablement déloc
alisée à Lyon,
touche aussi une activité emblématique du patrimoine scientifique et intellectuel de Bordeaux. La formation des médecins de Santé Navale fait partie intégrante de l’histoire et de la richesse de
cette ville. Elle a apporté de tout temps un rayonnement international majeur, des liens amicaux, culturels, médicaux et scientifiques avec l’ensemble des pays africains, un réseau pour Bordeaux.
La personnalité des étudiants de Santé Navale et de leurs formateurs, tels que je les connais comme enseignant depuis vingt ans à l’université
Victor-Ségalen est unique, mélange de rigueur et d’exigence, de sens du devoir, et de méritocratie républicaine. Les collaborations
médicales nouées avec de nombreux pays d’Afrique sont des domaines d’excellence pour de nombreuses maladies tropicales (voir le site
http://www.sauvonssantenavale.fr). La disparition de Santé Navale à Bordeaux, c’est aussi une perte de substance pour notre ville, la suppression de
80 emplois civils, la fin d’un rayonnement et d’une ouverture au monde dont notre ville a profondément besoin et envie ; la mobilisation de la mairie devant les menaces qui pèsent sur Santé
Navale, n’est-elle pas bien tardive et timide par rapport à un tel enjeu ?
Enfin, sur la base des données de la préfecture, Sud Ouest redécouvre soudainement que Bordeaux est un très mauvais élève en matière de logement social et que, depuis dix ans, le pourcentage de logements sociaux dans notre ville n’a pas augmenté. Notre nouvelle adjointe à l’urbanisme nous explique benoîtement à la télévision que c’est parce que l’on a construit d’autres logements – non sociaux (sic) – et que le retard sera dur à rattraper !! Les Bordelais devront payer une amende de 1,4 millions d’euros à la CUB à cause de cet état de fait.
Ces trois situations sont le reflet de la face sombre de l’évolution de Bordeaux depuis dix ans ; sans prétendre qu’il
existe des solutions simples à chaque problème (cf. le drame de Ford), elles illustrent de manière emblématique les enjeux qui conditionnent le dynamisme économique et intellectuel de Bordeaux,
sa mixité sociale et son rayonnement international. Tout en donnant acte à la municipalité actuelle de sa bonne volonté, on ne peut qu’être très préoccupés par l’arrivée à maturité de ces trois
dossiers peu flatteurs pour la gestion passée et qui augurent d’un avenir incertain pour l’économie de notre ville.
Bertrand Bloch pour Bordeaux Avance
Par ses i
nitiatives, en prétendant faire bouger les lignes, Nicolas Sarkozy nous oblige à une introspection pénible et nous emmène dans des débats et des querelles
particulièrement pernicieuses et malsaines. Ceci avait déjà été le cas avec la lettre de Guy Môquet. J’avais trouvé plutôt positif son geste de saluer par une cérémonie républicaine, la mémoire
de Guy Môquet, une fois élu président. Comme beaucoup de Français, j’avais par contre trouvé particulièrement déplacé son exigence d’une lecture de cette lettre dans toutes les écoles, cette
volonté d’instrumentalisation d’une histoire qui ne lui appartient pas.
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