Les invités du blog

Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 19:40

 

Sans aucun débat préalable avec les professionnels du livre, libraires, éditeurs, une attaque est lancée contre la Loi Lang! Dans le cadre législatif en vigueur actuellement, seuls les livres édités depuis plus de deux ans et présents dans les stocks depuis plus de six mois peuvent être soldés.
L'amendement N°1290 présenté à l'Assemblée Nationale aujourd'hui par l'un des membres du "Nouveau Centre" autoriserait des rabais supérieurs à 5% sur les livres publiés depuis plus d'un an seulement.
Sous couvert de la Loi sur la modernisation de l'économie (LME), cela revient à tirer à boulets rouges sur toute la chaîne du livre, y compris sur les lecteurs qui eux aussi seront atteints dans leur liberté de choix, leur pouvoir d'achat.
En effet, à l'instar de ce qui a eu lieu en Grande Bretagne, les conséquences d'un tel amendement et la suppression du prix unique du livre auraient des incidences économiquement dramatiques et culturellement dangereuses.
La dérégulation du marché du livre engendrerait l'appauvrissement irrémédiable de l'offre éditoriale et culturelle, de nombreux ouvrages ne pouvant plus être publiés. De plus, les éditeurs, étant contraints de compenser les pertes en recettes liées aux soldes, seraient conduits à augmenter leurs prix; de ce fait, le prix moyen du livre serait à la hausse, malmenant ainsi le pouvoir d'achat du lecteur, accroissant du même coup les inégalités sociales. Mais ce n'est pas tout, ne pouvant pas résister à un marché du solde à grande échelle tel que pourront le pratiquer les grands discounters ou internet, les librairies indépendantes vont disparaitre, et avec elles la diversité créatrice éditoriale,
la vitalité des cœurs de ville s'en trouvera fortement altérée, sans oublier les conséquences très lourdes sur l'emploi, car avec ces disparitions, les employés se retrouveront sur le pavé! (sans vilain jeu de mots)ALERTE, donc, mobilisons nous tous pour défendre la loi Lang et le livre, sous peine de basculer dans une société culturellement sous-développée, économiquement saccagée, humainement détruite, bref, une société que nous ne pouvons cautionner et dont nous ne voulons pas!!!
C.Dagail, invitée du blog

 

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Par Bordeaux Avance - Publié dans : Les invités du blog
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 09:22

L'équipe de Bordeaux Avance a décidé de donner la parole à des citoyens bordelais, dans la rubrique "invités du blog". Nous tentons ainsi d'apporter un  éclairage nouveau sur la ville de Bordeaux, son agglomération. Nous publions donc aujourd'hui le texte de Solange, 1er du genre.


Bonjour l’accueil.

Quand je suis arrivée au bureau de vote B qui m’était attribué, trois dames patronnesses chic, très BCBG avaient pris possession des lieux et s’étaient distribuées les tâches : elles n’avaient pas besoin de moi, elles avaient l’habitude et étaient efficaces, je devais être attendue ailleurs. Mais ailleurs dans le bureau d’à côté il y avait déjà un camarade. Il a donc fallu que je m’impose au nom de la représentation démocratique : pas de chaise, pas de tâche car aucun des deux assesseurs ne voulaient abandonner son bordereau à mon « inexpérience » supposée, «  à mon URNES.jpeg illégitimité », j’étais une intruse.
 Ce fut alors que quelqu’un de la mairie indiqua aux dames qui semblèrent le découvrir qu’il fallait aussi tamponner les votes sur une feuille pour le comptage. Je fus préposée à cette tâche et pris enfin ma place à côté d’elles.  
 
Jusqu’à 11h défila du beau monde, les dames attendaient la sortie de la messe de 1Oh3O, le bureau se transforma en salon mondain : on partait ensuite à Arcachon, on craignait l’annonce de la tempête pour les arbres, il fallait aller amarrer les bateaux, on s’informait de la procuration de un tel et un tel, (beaucoup de procurations pour les enfants étudiants, pour les amis). Croyez-moi la droite s’est mobilisée et très bien organisée pour ces élections
Pour ses vieux aussi : une des dames assesseur « juppéïste » expliqua qu’elle serait absente toute l’après midi pour pouvoir transporter ses parents et beaux parents, il fallait beaucoup de temps pour les installer dans la voiture, les aider à marcher… Que dire de ce monsieur dans un fauteuil roulant, la tête en arrière, les yeux révulsés incapables de prendre lui-même les bulletins, ni de tenir un stylo. Je me suis permis de faire remarquer après coup, qu’il ne me semblait pas avoir son libre arbitre pour voter. Réponse : oh ! Mais on le connaît, le pauvre il a fait l’effort de se déplacer. Bref, j’étais une femme insensible.
Autre cas, autre mesure, dans l’après midi: une mamie de 90 ans arrive seule à pied, essoufflée, bien droite mais marchant avec une cane, visiblement de milieu populaire. Elle a sa carte de vote, mais pas de pièce d’identité, d’une voix très assurée et digne elle réplique mais : « Mais,  je peux vous dire mon nom. ». Refus de la présidente (légal).  « Je suis venue à pied depuis ma résidence, c’est fatigant pour moi » refus (légal) Une heure et demie plus tard la mamie est revenue, très fatiguée, on a dû la faire asseoir sur une chaise mais elle a voté.
Et puis, plusieurs cas de jeunes couples ayant déménagé radiés depuis janvier sans qu’ils aient signalé pourtant leur déménagement à la mairie
Enfin des pratiques automatisées, laxistes qui font perdre leur sens au vote et manque totalement de rigueur. Notre présidente auto déclarée si expérimentée ne jugeait pas utile de dire à nos concitoyens « a voté » pour signifier le geste après que le bulletin tombe dans l’urne. Si bien qu’au moment où l’assesseur lisait l’identité, l’électeur se déplaçait prêt à signer, abandonnant le bulletin dans la fente sans que l’urne ait été encore ouverte. J’étais obligée de l’arrêter et de faire remarquer que son bulletin n’était pas encore dans l’urne. Il arriva quelquefois que ce fut l’électeur suivant qui fit remarquer que le bulletin précédent était encore là en attente dans la fente.
Autre incident : notre présidente poussait énergiquement les bulletins coincés avec la pointe de son stylo. Je lui fis remarquer poliment que la méthode était fâcheuse : toute marque sur le bulletin pouvant provoquer l’annulation, je fus alors appuyée par A. Sallat, la déléguée alors présente. Nous passâmes toutes les deux pour deux emmerdeuses.
Pour conclure :
Ne laissons pas s’installer de mauvaises habitudes
Empêchons que des clans de copinage se sentent propriétaires de bureaux de vote
 
Quel riche observatoire qu’un bureau de vote où défilent nos concitoyens.
Ce qui m’a frappée, c’est à quel point se marquent de nouveau les différences sociales dans le « look », les habits et dans les corps, beaucoup plus me semble-t-il que dans les années 80. Quelle différence entre la suffisance des « Arcachonnais du matin et les électeurs à partir de 3,4 heures de l’après midi, beaucoup de visages fatigués soucieux malgré une matinée sans doute occupée à récupérer sa force de travail et consacrer aux soins domestiques.
 
Solange
 
 
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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /2007 14:37
Richard ZEBOULON,  qui es-tu, quel est ton parcours professionnel ?
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Je suis né au 20° siècle, dans une caserne dans la Nièvre, à Cercy la Tour, un dimanche à midi, le jour, le mois et l'année de la création de l'Etat d'Israël.

Mon père était militaire, nous étions 5 enfants, ma mère nous élevait.

A 17 ans, j'ai perdu mon papa, je me suis alors engagé dans l'armée pendant 3 ans. C'est là que j'ai appris le métier de photographe. C'est ce que j'avais toujours voulu faire.

Puis, j'ai beaucoup voyagé à travers le monde, l'Afrique, l'Asie ... pour faire des reportages sur l'architecture, l'ethnographie… des domaines très différents, des films dont « Les derniers juifs d'Alexandrie » qui a été diffusé sur France 3 et TV5.

Tu as aussi publié des livres d'histoires juives ...

Un soir, ou avec mon ami le dessinateur Claude Serre, nous refaisions le monde, nous avons eu envie de faire quelque chose ensemble, l'idée a germé, puis, j'ai eu un accident. L'éditeur de Daniel Mesguish, le comédien et metteur en scène, m'a proposé de faire un livre, il y en a trois actuellement, il y en aura 8 en tout. J'ai aussi d'autres livres en préparation.

Le 3° volume est l'histoire du judaïsme et de l'humour.

Le judaïsme a été fondé aussi sur le rire, il est lié au rire, à la dérision.

Il n'y a que la dérision qui puisse sauver dans certaines circonstances dramatiques auxquelles malheureusement le peuple juif a été bien involontairement lié.

En 1997, tu t'es présenté aux élections législatives, dans quel but ? Quelles étaient tes propositions ?

Un matin en me rasant, en écoutant France Inter et l'insipidité des propos des hommes politiques, je me suis dit qu'il fallait un Cri, je suis donc entré en lice.

Il était important de dire « on existe » !

Mon slogan était : « Entre nous, mais sans lui »… pour parodier le titre d'un opuscule nombrilistique écrit par l'ex député de Bordeaux qui a fait un « quinzainat » comme ministre de la météo.

Je proposais de réintroduire le civisme dans la société ; les citoyens sont écoeurés par la politique, par les politiques, il faudrait comptabiliser les votes blancs. Il faut savoir qu'il y a 215 000 habitants à Bordeaux et que le dernier maire en date a du être élu avec à peu près 25 000 voix !!!!!

Mon combat est aussi anti fonctionnaire : 18 % de la population active est dans la fonction publique… sans compter les assimilés fonctionnaires contre 6 % seulement en Grande Bretagne. On subit notre administration, payée par nous et censée être à notre service. Voir l'armée mexicaine de la mairie, du Conseil Général, je ne parlerai pas du Conseil Régional, ni de la CUB !

Dans beaucoup de domaines, il y trop d'ingérence de l'administration. Il faut entendre les initiatives privées.

Tu mets en avant ton judaïsme, penses-tu que, dans une société laïque, ce soit fondamental ?

Je ne le mets pas en avant ... trop. Le Judaïsme, la pensée juive a marqué la société,
il a participé à son évolution.
Par exemple, c'est Robert Badinter, c'est lui qui aboli la peine de mort, Simone Veil est à l'origine de l'adoption par le Parlement du projet de loi sur l'avortement. Des moments forts.
La France doit beaucoup au Judaïsme ; à Bordeaux, la famille Gradis, Daniel Iffrla Osiris, Amélie Léon-Raba ont été des mécènes généreux.
Mais il va de soi aussi que, bien sûr, la Chrétienté a laissé une empreinte forte, est-il besoin de le souligner ? Les cathédrales en témoignent. Et l'Islam aussi marquera notre société. Soyez sans craintes.

Pour les Municipales de mars 2008, aurons-nous à Bordeaux, une liste conduite par Richard Zéboulon ?

Non, parce qu'il faut présenter une liste complète et la financer. Les partis institutionnalisés savent trouver les financements, les « laïcs » sont exclus. Les politiques vont faire les marchés, leur marché de voix. On demande au vulgum pecus seulement de déposer un bulletin

?Si Alain Juppé te proposait une place éligible sur sa liste accepterais-tu ? Sous quelles conditions

Non. Je n'entretiens pas de relations avec les repris de justice.

Si Alain Rousset te proposait une place éligible sur sa liste accepterais- tu ? Sous quelles conditions ?

Non plus. Le PS n'est il pas aussi le parti de Emmanuelli ?

Quelles seraient tes propositions dans le domaine culturel pour la ville de Bordeaux ?
C'est par la gestion financière qu'il faut commencer.
Il faut réorganiser le Grand théâtre, en quelques années, les postes de personnes non artistes ont été multipliés par 10.

Le budget des musées est bouffé par les salaires et les frais fixes. Le musée des Beaux Arts est à l'étroit depuis cent ans.

L'orchestre symphonique ne fait plus, comme auparavant, de tournées à l'étranger, n'enregistre plus de disques, il reste confiné à Bordeaux. Il faut aller voir de la danse à Saint Médard en Jalles ou à Libourne. A bordeaux, c'est vrai, nous avons Charles qui gagne bien sa vie. Les mauvaises langues, et dieu sait s'il y en a, disent qu'il est rétribué en tant que directeur du ballet, souvent en tant que chorégraphe, quand il nous fait un pas de deux, il toucherait encore ... Et d'autres langues, celles là de vipères, s'épanchèrent pour lancer la rumeur qu'il aurait même perçu des droits de figuration pour sa Harley-Davidson quand il l'a faite monter sur scène l'an dernier ! Nous n'avons pas vérifié mais c'est bien sur à prendre avec des pincettes.

La rive droite aurait pu être un phare culturel. On n'a que des HLM déjà démodés, fruits de l'indigence cumulée des architectes, promoteurs et politiques. C'est lamentable.

Monsieur Ducassou est très certainement un excellent médecin, on peut douter de ses compétences à son poste d'adjoint à la culture. Même s'il est extrêmement satisfait de lui. C'est le propre des politiques !

La fête du vin est une réussite colossale. Même Stéphane Bern, le glousseur radiophonique bien payé est venu ! ... Et ne parlons pas de la fête du fleuve des milliers de badauds qui déambulent ! Et la coupe du monde de rugby ? Il y avait des abreuvoirs à bière partout dans Bordeaux et tout le monde pissait partout. Que de succès culturels enregistrés !

Et dans d’autres domaines ?

Bordeaux a été saccagé par le tramway dans le centre ville, devant le grand théâtre, rue vital Carles, le cours d'Alsace et Lorraine. C'est bruyant, la circulation y est épouvantable, l'accès à l'hyper centre est complètement absurde pour les commerçants. En revanche les élus municipaux, fait du prince, se sont taillés un parking privé sur le domaine public, hypothèquent une partie du jardin de la mairie pour stationner leurs bagnoles. Mais où est-on ?

Bordeaux devrait être gérée par des humains qui connaissent la ville, qui la sentent. Pas par des technocrates qui ignorent qu'un boulanger à besoin de farine pour faire du pain. Et quand le boulanger de la rue des trois Conils se fait livrer ... La moitié de Bordeaux est bloquée. On n'apprend pas ça à l' E.N.A !
Bordeaux est sale malgré des moyens considérables mis en oeuvre, la volumétrie des containers est mal calculée, les crottes de chiens ou de mammouths ornent nos trottoirs et nos semelles ... On a un tramway mais encore des tuyauteries en plomb pour acheminer l'eau dans bon nombre d'appartements ... Le tout à l'égout est-il installé partout dans Bordeaux ?
Bordeaux ce n'est pas seulement le quartier Saint Seurin et Caudéran.
Saint Michel et ses rats ...
Les quais et ses prostituées bulgares et africaines ... Combien la passe ?
Bordeaux et ses marchés de shit tolérés à Saint Pierre, Sainte Croix, la Victoire ... Combien la barrette ?
Les commerçants sont vraiment de mauvaise foi. Le commerce reprend !

Une réalisation de la municipalité en place qui te semble positive ?

Le cours du Chapeau Rouge est très bien aménagé, les façades sont mises en valeur, lisibles. Mais, il n'y a pas une seule place pour stationner motos et scooters qui sont posés n'importe où de façon anarchique et tolérée, là, comme ailleurs dans la ville. Alain Juppé a imposé le tramway et rien d'autre, les bordelais se sont rabattus sur les vélos, mais rien n'était prévu pour eux, contrairement à ce que clame la municipalité qui dans la précipitation n'a bien sur toujours rien trouvé pour les vélos et vélomoteurs qui se sont appropriés les trottoirs et les rues piétonnes. Pour le plus grand danger des bipèdes piétons qui servent de quilles d'un gymkhana géant rue sainte Catherine entre autres. Et dans la foulée, des vélos on trouve en vrac rollersmen, planches à roulettes, mobylettes des kamikazes livreurs de pizzas, scooters ...

Quelles devraient être les premières mesures d'une nouvelle municipalité ?

Ce à quoi s'est attelé Hugues Martin, avec réussite, en seulement un an : réconcilier les Bordelais avec l'administration municipale. Il connaît, lui, Bordeaux, il connaît, lui, les bordelais. Bordeaux n'est pas pour lui un chantier impersonnel. On est à Bordeaux, pas aux Iles Kerguelen ! La ville est un outil, elle doit d'abord donner satisfaction aux bordelais. C'est bien que les touristes s'esbaudissent, mais ils ne font que passer ... Nous, nous y vivons et sommes loin d'être satisfaits.

Hugues Martin avait rétabli des relations normales avec l'opposition, des relations humaines. Il ne traitait pas, comme son prédécesseur et successeur, l'opposition de connards, mais faisait la bise à Michèle Delaunay et Brigitte Nabet. En revanche, quel dédain A. Juppé affiche pour ce brave monsieur Respaud ! Et la façon qu'il a de dire à Mathieu Rouveyre de retourner dans sa niche ... Il me semble fort mal élevé ! Je ne comprends pas que les Bordelais aient pu élire un va-nu-pieds.

Qu’attends- tu d'une municipalité socialiste à Bordeaux ?

D'une municipalité ? S'il pouvait y avoir un peu de bon sens ce serait déjà beaucoup.

Interview réalisée par Brigitte MESSAGER pour Bordeaux Avance
 
 
 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Les invités du blog
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /2007 19:59
Interview de Françoise Frémy
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B.A : Françoise Frémy, qui êtes-vous ?
F.F : Je suis mariée, j’ai trois enfants et je suis habitante de la Bastide depuis 25 ans. Je suis militante associative dans plusieurs associations : présidente de Préserve Thiers-Gallin (cadre de vie), présidente de Créa-Déco-Eco (récupération d’objets), secrétaire administrative du club de foot et enfin trésorière de Cap Bastide.
B.A : Pourquoi tout ce militantisme ?
F .F : Parce que ça fait 25 ans que je vis dans ce quartier, que je le trouve accueillant, que j’apprécie son cadre de vie, sa proximité ; parce qu’il ressemble à un village et que l’intégration y est facile. C’est pourquoi je tiens tant à le défendre. La réhabilitation de la Bastide a fait évoluer le quartier ces dix dernières années, alors que les 15 années précédentes, la mairie l’ignorait totalement. Et voilà que depuis peu nous sommes courtisés par la mairie sans qu’il y ait de concertation entre l’administration et les habitants du quartier.
B.A : Quelle évolution attendez-vous pour Bordeaux?
F.F : J’aimerais que l’on redonne vie à la Bastide. Tout d’abord aux petits commerces, qui ferment à tour de rôle, car tout est concentré dans le centre-ville. Certes, le tram était une nécessité, mais il faut reconnaître que depuis la mise en marche du tram, notre quartier s’est transformé, avec son cortège d’augmentation des loyers ce qui pour les gens modestes reste problématique.
Dans notre ville, il n’y a que la loi de Robien qui soit effective. En revanche, aucune création d’infrastructure n’est prévue, si ce n’est la rénovation, alors qu’il faudrait des crèches – et pas seulement des établissements privés –, des maisons de retraite, une salle de concert… nous avons besoin d’un Zénith ! Il faudrait que la municipalité apporte des moyens suffisants aux milieux sportif et culturel.
B.A : Quel est votre avis sur le projet de pont entre les deux rives ?
F.F : Les Bastidiens attendent un véritable franchissement. Or, le pont proposé ne relie pas deux rives mais deux agglomérations : Bordeaux-centre et Cenon-Lormont ; il est présenté comme un pont urbain, alors qu’il s’agit en fait d’un pont routier (2 x 2 voies). De plus, il n’amènera que du bruit et de la pollution, avec un flux encore plus important de voitures, alors que la mairie nous avait garanti qu’elle voulait faire de la Bastide un éco-quartier ! Le combat associatif que nous avons mené a fait stopper la construction du pont et la destruction de 80 à 90 maisons.
B.A : Qu’attendez-vous d’une municipalité socialiste à Bordeaux ?
F.F : J’attends plus de concertation entre les élus et les habitants, plus d’écoute. J’aimerais que les Bordelais puissent participer au développement de leur ville. Alain Juppé décide, nous informe et nous concerte pour nous expliquer sa décision. J’attends tout à fait l’inverse d’une mairie socialiste.
La population bordelaise a augmenté : il faut donc plus d’écoles (l’école Thiers, par exemple, ne peut plus recevoir d’élèves supplémentaires)… où est l’école de la République ? Tout le monde ne peut pas envoyer ses enfants dans le privé. Nous avons besoin de structures d’accueil pour les enfants de moins de 4 ans, ainsi que des équipements sportifs.
Quant à la vie culturelle bastidienne, nous ne pouvons compter que sur le Mégarama…
Si un socialiste avait été élu en 1995, je pense qu’on se serait davantage employé à réveiller cette Belle endormie.
 
Par Lionel Caze et Frédérick Laurain-Hamel
Pour Bordeaux Avance
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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /2007 13:30

ENTREVUE AVEC ABDOU CHAOUI entree.jpg

Président du Boulevard des Potes à Bordeaux
Président de la Fédération nationale des Maisons des Potes
 
Peux-tu nous présenter le Boulevard des Potes à Bordeaux ?
Cette association d’éducation populaire a été crée à Bordeaux en 1991.
Elle est portée par des militants du milieu associatif, social et universitaire.
Son territoire d’action est aussi bien régional que national, notamment en matière de formation.
Son directeur, co-fondateur et cheville ouvrière est Ahmed Serraj.
Son siège se situe rue Bergeret, dans le quartier Saint Michel ; Le boulevard compte 600 adhérents et près de 1000 sympathisants.
C’est à la fois un lieu d’émancipation - à travers sa mission de formation initiale et continue - et un lieu de lutte pour l’égalité des droits.
 
Peux-tu nous retracer l’historique du Boulevard des Potes ?
Notre association se veut à la fois comme héritière historique de la philosophie de l’Education Populaire (Francas, Ligue de l’Enseignement, Léo Lagrange…) et est issue des luttes pour l’égalité des droits contre le racisme et les discriminations portées par la Marche des Beurs et SOS Racisme.
Il s’agissait alors de prendre en compte la réalité des années 80-90, la question du vivre ensemble, l’évolution et les difficultés rencontrées par les habitants des quartiers populaires qui questionnent au quotidien notre façon de faire la société.
Je tiens à soulever le fait que si les mouvements populaires d'éducation se sont battus pour la promotion sociale et l’autonomie comme l’émancipation de l’individu, force est de constater que la question de l’altérité, celle de l’égalité des droits (à l’image de la question féminine) ont été trop occultées.
 
Quelles sont les activités du Boulevard des Potes ?
- Le soutien aux initiatives de solidarité à travers les animations de quartier, tels les repas de quartiers, les sports de rue, le cinéma en plein air… Les repas de quartier que nous avons initiés dès 93 partaient de cette idée simple de la rencontre de l’autre sous une forme conviviale et festive et démontrer que l’espace urbain peut se vivre comme espace non violent,
- L’appui aux professionnels et aux militants associatifs,
- L’information et la sensibilisation à la citoyenneté et à la lutte contre toute forme de discrimination,
- La formation initiale et continue de professionnels confrontés aux questions de la citoyenneté, de la participation et de la lutte contre les discriminations. La formation des animateurs de quartier, menée depuis 13 ans par le Boulevard, qui conduit au Brevet d’Etat Professionnel, est une mission ayant par ailleurs largement porté ses fruits : plus de 200 agents qualifiés à l’issue d’un cursus de 2 années sont en poste sur l’ensemble du territoire régional ?
- Des interventions dans le cadre de conventions de partenariat avec des communes de la CUB (Talence, Cenon ...), à titre d’exemple nous avons assuré, à Talence, la formation des agents d’accueil de la municipalité (du service de l’Etat Civil à la Police Municipale ).
- Des missions d’ingénierie sociale à la demande de Services de l’Etat et de collectivités territoriales dans le cadre de la Lutte contre les Discriminations sont mises en oeuvre comme dans le cas de la Préfecture du Lot et Garonne et de la Mission Locale et de la ville de Libourne…
- La semaine de l’Education contre le Racisme, autre temps fort annuel qui implique les établissements scolaires et valorise les actions de sensibilisation par des débats et des rencontres.
 
Quels sont ses interlocuteurs, comment est-il financé ?
L’Etat est le principal contributeur via la Politique de la Ville et l’ACSE (Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’égalité des chances).
Le financement se fait sur projets par des conventions triennales. Des arbitrages peuvent s’avérer nécessaires mais jusqu’ici les positions et l’engagement du Boulevard des Potes sur des « sujets qui pourraient fâcher » n’ont jamais provoqué d’affrontement avec le représentant de l’Etat, ni de remise en cause de nos activités quelque soit, d’ailleurs, la couleur politique du gouvernement en place. J’en veux pour preuve la reconnaissance du Boulevard des Potes primée comme meilleure association de quartier de France en 1996 par Eric Raoult, ministre de la Ville. Nous gardons notre liberté de parole et d’action quelques soient nos interlocuteurs.
 
Quelles sont ses relations avec l’Etat, les acteurs locaux et les autres institutions ?
Nos relations sont à la fois exigeantes et confiantes. Nous avons à plusieurs reprises travaillé en partenariat avec l’Etat soit sur des missions précises ayant trait à la formation d’acteurs sociaux, soit comme interlocuteurs privilégiés sur des thématiques telle la lutte contre les discriminations, soit encore comme relais d’information comme à propos du nouveau code de la nationalité (1993 et 1998) bien que nos oppositions à ces réformes fussent connues.
Nous avons aussi, localement, des partenariats avec la Justice notamment à avec la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse), le Pôle Anti Discrimination et dans le cadre de la COPEC (Commission pour l’Egalité des Chances).
Notre sensibilité et nos choix fondamentaux nous poussent évidemment à entretenir des relations privilégiées avec des associations telles que SOS Racisme, Ni Putes ni Soumises, la FIDL (syndicat lycéen), la Fondation France Libertés Gironde, la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme…pour mener des actions ou des réflexions communes.
 
Sur le plan institutionnel, nous avons également des relations soutenues avec le Conseil Général, par exemple par le biais de conventions spécifiques tels les « Itinéraires citoyens ».
 
Dans tes fonctions, dans ta vie de bordelais, à quels niveaux estimes-tu que doivent porter les efforts d’une nouvelle municipalité pour Bordeaux ?
Force est de constater que la ville de Bordeaux a bougé dans l’urbain, il faut désormais qu’elle bouge dans l’humain. Les choix et arbitrages budgétaires doivent se recentrer sur cet objectif.
Il est indispensable que l’offre de logements sociaux soit variée et qu’elle prenne en compte la diversité des populations. La mixité sociale doit être une ambition réelle car actuellement la rénovation de la ville – et surtout celle de ses quartiers intra-muros les plus populaires – induit nombre d’effets pervers parmi lesquels l’augmentation du prix du foncier. Cela provoque un déplacement de nos concitoyens parmi les plus démunis hors de la ville et par là même une unification élitiste du centre ville, comme c’est le cas d’ailleurs, dans la plupart des villes de même importance.
J’attends donc de la future nouvelle municipalité qu’elle fasse preuve d’un véritable interventionnisme afin de conserver l’équilibre social et sociologique de la ville dans sa diversité. Il existe des leviers et des marges de manœuvre en matière de gestion du foncier, il faut une volonté politique pour les mettre en oeuvre.
 
L’animation urbaine mérite également d’être repensée notamment à travers la culture, toutes les formes de culture, dont il faut absolument élargir le spectre, une culture exigeante en qualité mais ouverte à tous les bordelais et sur le monde.
 
J’ajouterai que les transports sont un facteur essentiel d’insertion urbaine, qu’il convient de favoriser cette mobilité par un schéma cohérent, de raccorder les échelles et les vitesses pour mieux faire reculer les inégalités territoriales et ainsi permettre un meilleur accès à l’emploi, aux services, à l’école pour les enfants, la formation, la culture…
 
Tous ces dossiers, auxquels j’ajouterai le travail transversal d’une co-élaboration qui internalise le développement durable dans la politique municipale avec une ouverture à l’expertise citoyenne sont des défis majeurs pour la nouvelle équipe qui sortira des urnes.


http://www.boulevard-des-potes.org/
 
(Interview réalisée par Christiane Maridat et Bertrand Bloch)
 
 


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Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /2007 13:43

Interview de Jacques DUBOS, Président de TRANS’CUB depuis 2002 LIU.JPG

Pouvez-vous présenter l’association TRANS’CUB et ébaucher un historique de sa création ?
 
L’association est née en 1989 en concomitance avec le projet du métro à Bordeaux par la Communauté Urbaine (CUB).
Au sein de l’association écologiste Aquitaine Alternatives, Jean AZENSun jeune objecteur de conscience féru d’écologie et d’urbanisme, a entrepris un travail et une réflexion sur les transports urbains, et le métro en particulier, afin d’en évaluer les conséquences.
Denis TEISSERE responsable de cette association et ce jeune étudiant ont, pour ce faire, parcouru plusieurs métropoles européennes pour en étudier les systèmes de déplacements urbains en vue de participer au débat sur le métro et proposer une solution alternative.
Il fallait toutefois scinder cette initiative du cadre strictement écologique d’Aquitaine Alternatives, d’où la création de TRANS’CUB plus particulièrement dédiée à la problématique des transports.
Le coordonnées de l’association, qui compte environ 150 membres, sont :
  • Adresse : 150 rue Mondenard 33000 Bordeaux
  • n° de téléphone : 05 56 52 30 20
  • Courriel : contact@transcub.com 
 
Parlez-nous alors de votre combat fondateur et des résultats obtenus
 
Dès le début, nous avons entrepris de fonctionner selon un système transparent et peu sujet à controverse sur la méthode, à savoir l’étude du dossier technique du maître d’œuvre, la comparaison avec des projets similaires, l’information du public puis la formulation de propositions. Nous n’avons jamais dérogé à ces principes fondateurs, fait de rigueur et de transparence.
A cet égard, il est à noter que TRANS’CUB n’a jamais été mis en défaut sur la véracité des chiffres avancés, dans le dossier du tramway, de l’eau, du franchissement etc…
La tâche s’est révélée de grande ampleur d’autant que la totalité des élus de la CUB soutenaient le projet de métro-Val initié par Jacques CHABAN DELMAS. La population semblait d’ailleurs, à ce moment là, favorable au projet.
 
A force d’études, de réunions studieuses, d’explications, de communication de rue, de requalification du contre-projet (« métro léger de surface » au lieu de « tramway » alors connoté désuet), la population et les journalistes ont commencé à s’intéresser à notre démarche et nous avons réussi à inverser la tendance et à rallier à notre projet le maire de Cenon, René BONNAC, qui fut un allié précieux au sein de l’instance communautaire.
Après plusieurs années de combat, la décision définitive du choix d’un tramway a été validée par la CUB en 1996.
TRANS’CUB est donc bien à l’initiative du Tramway à Bordeaux.
Si nous sommes satisfaits de ce dénouement, le tracé retenu ne satisfait pas l’intérêt général mais uniquement celui des élus de tous bords qui voulaient le tramway, l’aménagement urbain associé et la technologie APS chez eux, sans se soucier du coût et des solutions alternatives moins chères et plus efficaces, tels le Tram/Train et le bus en site propre dit « busway ». En la matière, les mauvaises habitudes de cogestion et de troc au sein de la CUB, ont continué de plus belle.
 
Forte de ce résultat, votre association s’est penchée sur un 2ème dossier brûlant, expliquez-nous lequel et pourquoi ?
 
Il s’agit en effet de la gestion de l’eau, service public délégué depuis 1991 à la Lyonnaise des Eaux.
La délégation de service public ne peut être un mode de gestion efficient que si elle est corrélée par une mise en concurrence préalable des soumissionnaires, un contrôle réel assumé par l’autorité publique, un formalisme sans faille dans la procédure de dévolution… Dans ce dossier, aucune de ces conditions n’est remplie et il s’agit pourtant d’une concession trentenaire… !
TRANS’CUB s’est donc intéressée à ce dossier, dés 1994 !
Plus de 10 ans de discussions, actions juridiques, réunions publiques ont été nécessaires pour obtenir, en partie seulement, gain de cause.
Que de temps et d’argent perdu !
Grâce à l’action tenace de TRANS’CUB, ce dossier est sorti de l’ombre, mais les élus n’ont pas voulu défendre l’intérêt général qui commandait de dénoncer le contrat existant. De ce fait ils n’ont récupérer que 200 M d’€ sur les 350 M d’€ de trop perçu.
Avec cette somme la Lyonnaise des Eaux va procéder aux travaux d’investissements de mise en conformité du réseau à sa charge exclusive. Ces travaux sont en cours de réalisation.
 
Ce combat ainsi que le précédent a fait évoluer les statuts de TRANS’CUB afin que l’association puisse se saisir de tous les dossiers relevant de la compétence de la CUB. C’est pourquoi, nous nous sommes engagés, entre autres, dans les dossiers suivants :
-          Les bacs à déchets des ordures ménagères et la gestion de leur renouvellement inutile et coûteux,
-          L’affichage Giraudy et les entrées de ville défigurées,
-          Les parkings souterrains : leur mode de gestion, leur utilité
-         Les complexes cinéma et leur rôle néfaste pour la ville centre et le développement durable,
-          Le marché d’intérêt national de Bordeaux et une réhabilitation coûteuse.
 
Par ailleurs, la campagne municipale de 1995 à laquelle quelques membres de TRANS’CUB - dont le président fondateur Denis TEISSEIRE - ont activement participé en se présentant sur une liste de gauche ayant recueilli un peu plus de 16 % des voix, a permis à l’association de se voir représentée au sein de l’assemblée communautaire (1 élu) et de l’assemblée municipale (2 élus) et d’avoir ainsi un accès facilité aux dossiers locaux.
 
Quels sont aujourd’hui les dossiers qui fâchent sur lesquels vous pourriez interpeller les candidats lors de la prochaine bataille municipale ?
 
Le dossier primordial qui requiert aujourd’hui nos efforts est celui du franchissement de la Garonne, dont nous considérons que les modifications successives ont dénaturé le projet initial.
En effet, il s’agissait au départ d’un projet de tunnel pour un franchissement strictement urbain puis par le jeu de recherche d’alliances pour en assurer le financement (accord JUPPE-MADRELLE), le projet s’est rapidement transformé en pont autoroutier supportant 53 000 véhicules/jour dont 8 000 camions. La solution d’un tunnel à gabarit réduit est la seule à répondre à toutes les fonctionnalités (franchissement urbain, priorité aux transports en commun, pérennité maritime du port de la Lune, environnement préservé).
Le projet de pont levant de la CUB vient de recueillir l’approbation de l’assemblée communautaire, avec il faut le noter, l’abstention ou le refus des élus PS et verts de Bordeaux.
Ce projet surdimensionné va tourner le dos à 2 000 ans d’histoire maritime du port de bordeaux, hypothéquer le classement Unesco « de Bordeaux, port de la lune », défigurer le paysage et polluer définitivement la vie des quartiers Bacalan/Chartrons & Bastide.
Il doit être un projet exemplaire en matière de développement durable (tarte à la crème des discours des élus de tous bords) avec un signal fort pour réduire le trafic routier Poids Lourds & Voitures.
Nous serons vigilants pour que les actes soient en cohérence avec les discours.
 
Pourriez-vous citer une réalisation de la Communauté Urbaine et une réalisation de la Ville de Bordeaux qui vous semblent positives ?
 
Concernant la CUB, dont les membres ne sont pas élus au suffrage universel, son mode de fonctionnement est basé sur la cogestion qui tend souvent à créer des effets de donnant-donnant pour recueillir des majorités.
La création par le précédent président Alain Rousset, d’une inspection générale des services et de l’audit chargé d’évaluer la pertinence des projets, de leurs coûts… nous semble être un bon exercice de transparence et d’efficience. Nous regrettons le départ forcé du responsable actuel de ce service et souhaitons voir pérenniser cette structure transverse et son mode de fonctionnement, indépendant des services.
 
Concernant la ville de Bordeaux, la politique mise en œuvre pour réduire la place de la voiture dans la cité va dans le bon sens.
 
Votre conclusion …
 
Quel que soit le pouvoir en place, la démocratie a besoin d’associations citoyennes qui s’approprient et étudient à fond les dossiers. C’est ainsi que l’on construit une opposition constructive complémentaire des élus.
Les élus de la CUB n’ont pas de compte à rendre par une élection au suffrage direct, la CUB n’a pas de contre-pouvoirs en son sein du fait du principe de co-gestion, le rôle d’une association comme TRANS’CUB est d’autant plus important pour porter l’exigence de l’intérêt général.
Il nous apparaît ainsi que des instances telle que la commission de consultation des usagers des services publics ne soit pas de simples chambres d’enregistrement mais que chaque partie prenante (élus, associations…) y joue un rôle actif et responsable.
Il nous semble important enfin que les élus de la CUB acceptent un dialogue constructif avec les associations chaque fois qu’elles ont fait la preuve de leur compétence et de leur responsabilité.
 
 
 
 
(Interview réalisée par Christiane MARIDAT et Brigitte MESSAGER)
 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Les invités du blog
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /2007 08:59
1174491850-CESSO.jpg Pouvez nous nous expliquer ce qu’est l’IDE (Institut de défense des étrangers) ?
 
C’est un groupement d’avocats au sein de l’ordre des avocats, spécialisés dans les droits des étrangers.
L’IDE compte environ cinquante avocats.
La formation de ces membres est faite par des avocats.
Un système de permanence a été mis en place. Tous les jours un avocat de l’IDE est d’astreinte. Il assure la défense des droits des étrangers devant le juge des libertés, au Tribunal Administratif.
Bien évidemment au sein de nos cabinets, nous recevons les étrangers en difficulté pour les conseiller. Notre force est de réagir dans les meilleurs délais et d’avoir une connaissance experte de ce droit des étrangers.
 
Un colloque ouvert au public a lieu tous les 2 ans à Bordeaux.
 
Cet Institut est uniquement bordelais, mais d’autres groupements d’avocats défendant les droits des étrangers existent dans d’autres grandes villes de France.
 
Depuis quand existe cet Institut ? Par qui a-t-il été créé ?
 
Il a été créé en 2000 par des avocats.
 
Combien de dossiers traitez vous par an ?
 
Environ 1200.
 
Combien de personnes ont-elles été expulsées depuis le début de l’année en Gironde ?
 
A Bordeaux, environ 160 personnes jusqu’à fin juillet 2007.
13600 sur le plan national.
 
Que peut faire le citoyen lambda pour essayer d’empêcher ces expulsions ?
 
Il est possible de soutenir l’étranger en établissant, par exemple, une attestation d’intégration. Cette dernière peut être établie par l’employeur ou par un voisin. Il est également possible de l’aider  à apprendre le français.
 
D’autres possibilités, moins orthodoxes, consistent par exemple à s’opposer physiquement à l’embarquement des personnes dans un avion.
 
Quels réseaux ou associations travaillent avec vous ?
 
Les associations de Défense des Droits de l’Homme bien sur, mais également Réseau d’Education sans Frontières, ASTI, IPPO, les associations de demandeurs d’asile…

 
Quelles sont les conditions de rétention des étrangers ?
 
Ils sont détenus en centre de rétention, dans les sous sols du commissariat central.
Il y a 24 places, ce sont des chambres de 6 lits superposés.
Les femmes et les enfants sont séparés des hommes.
Depuis une bataille juridique de l’IDE, ils ont accès à des cabines téléphoniques ainsi qu’à des distributeurs de cartes téléphoniques. Leurs portables sont confisqués de crainte qu’ils s’en servent d’appareils photos…pour peut être montrer aux Français les conditions de grand standing dont ils bénéficient.
 
Ont-ils la possibilité d’avoir des visites de membres d’association, d’avocats ?
 
Il y a des horaires de visite, ils doivent pouvoir recevoir n’importe qui y compris leur famille.
Ils ont accès à une liste d’avocats qu’ils peuvent contacter 7 jours / 7.
 
Quelle est votre réaction à l’annonce de Brice HORTEFEUX convoquant les préfets car les quotas d’expulsion n’ont pas été respectés, et à la possibilité d’effectuer des tests ADN sur les demandeurs d’asile ?
 
Nous constatons un durcissement des conditions de vie des étrangers sur notre sol.
Les forces de police font du zèle et n’hésitent pas à aller chercher les personnes à leur domicile ou demandent leur adresse aux associations qui les ont aidés…
 
Quant aux tests ADN, c’est une aberration. Ces tests sont interdits par les lois bioéthiques, sauf pour les cas relevant de la juridiction pénale. De plus, il y a très peu de cas de fraude sur les regroupements familiaux.
Si le lien de paternité est reconnu, l’analyse ADN est remboursée.
Cette recherche de paternité pose le problème des enfants illégitimes (2 à 5 % en France), des enfants adoptés….et nous oblige à repenser les liens de la famille. Qu’est ce qu’une famille ? Uniquement celle fondée sur les liens du sang ?
 
Derniers textes en la matière ?
 
Concernant les demandeurs d’asile, l’Etat a réduit à 15 jours le délai pour faire appel auprès de l’OPFRA.
Cet amendement moins médiatisé que celui sur le test ADN, est pourtant tout aussi critiquable, puisqu’il réduit de façon conséquente le délai de recours et est donc une façon détournée de réduire le nombre des recours.
Ce texte  a été voté récemment à 4 heures du matin, en présence seulement de 23 députés socialistes…
Les tests de connaissance du français auront lieu au Consulat dans le pays du ressortissant et seront payants, les tests ADN, dans le pays d’origine.
Le fait de faire effectuer ces tests hors des frontières françaises entraîne une moindre mobilisation de la population française. Loin des yeux loin de la conscience critique.
Le refus de visa ne sera plus forcément motivé, et les voies de recours ne seront plus indiquées.
Le délai d’attente pour le recours juridictionnel est d’environ 3 ans.

 
Que savez vous des étrangers qui ont été renvoyés dans leurs pays ? Que deviennent ils ?
                                              
J’ai peu de contacts.
Cependant, il ne faudrait pas oublier que l’immigration est subie.
  • Soit pour des raisons familiales, comme ce Turc marié avec une réfugiée politique Kurde à qui les autorités françaises ont refusé un titre de séjour car ils n’avaient pas assez de ressources. Imaginez ce qui a pu leur arriver de retour dans leur pays d’origine.
  • Soit pour des raisons raciales comme ces familles Rom du Kosovo.
 
Dans ces cas, comment imaginer un retour au pays d’origine sans difficulté.
 
 
Quelles mesures seraient envisageables et souhaitées pour une vraie politique d’immigration ?
                                                                                              
En tant qu’avocat, il me semble difficile de me prononcer. Par contre, il me semble essentiel de rappeler des principes de base : Arrêtons de traiter les Hommes comme des quotas laitiers et cessons les amalgames.
Un peu d’humanisme que diable !
 
Où peut on vous rencontrer ?
 
A l’ordre des Avocats, et dans un an, au colloque que nous organiserons à Bordeaux.
 
Quels sont vos souvenirs les plus bouleversants ?
 
Plusieurs cas m’ont particulièrement touché.
Celui d’un Algérien marié à une Française, avec qui il a eu un enfant.
Sa demande de titre de séjour n’est pas encore acceptée, deux jours après la naissance, son épouse le met à la porte. Son avocat fait alors un recours.
Pour l’enfant, il y a une interdiction de sortie du territoire, et le préfet prétend que 2 jours de vie commune avec sa fille ne peuvent avoir créé de liens affectifs suffisants.
Son enfant est née en septembre 2004, son père a reçu son titre de séjour et son autorisation de travailler seulement en 2007.
 
 
 
 
 
Interview par Magali BISIAU et Brigitte MESSAGER le 21/09/2007
Par Bordeaux Avance - Publié dans : Les invités du blog
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /2007 15:09
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Bordeaux Avance : Tout d’abord, merci d’accepter de nous recevoir. Vous êtes la première personnalité à être interrogée sur ce blog et nous vous en remercions. Qu’est-ce qu’Emmaüs Aquitaine, en quelques mots ?

Pascal Lafargue : Emmaüs Aquitaine, comme toutes les communautés en France, s’articule sur 4 grands axes : Urgence 33, qui est destinée à aider les Grands Exclus de la vie au travers d’un accompagnement logistique (la recherche de logement par exemple) ; Emma 33, qui est une boutique solidaire et un accueil de jour ; Emmaüs Hermitage, qui est une structure d’accueil pour les adolescents en rupture, en liaison avec le Conseil général, et qui s’occupe d’une douzaine de jeunes en moyenne ; et enfin Emmaüs Développement, qui se destine à la réinsertion, via une activité économique. Par exemple, grâce à la boutique, nous avons créé une véritable chaîne d’entreprise qui va de la collecte à la vente, ce qui implique une véritable gestion du lieu de vente. Nous avons également 2 entreprises de travail dit adapté où nous employons une quarantaine de travailleurs handicapés en sous-traitance avec de grandes entreprises. Par exemple, nous avons actuellement un projet dans une de nos entreprises de création de petits chalets en bois pour les SDF, avec un concept leur permettant de garder leur chien avec eux (élément très important), tout en les socialisant au travers de règles de vie avec leur animal.

 

BA : Le rôle d’Emmaüs devient croissant au fil des ans, cela vous inspire quelle réflexion ?

PL : Le système où l’on vit actuellement a des règles qui nous échappent. La mondialisation de la finance est le moteur du système. Il faut être compétitif à tout crin, seuls les forts gagnent. Or, certains sont plus faibles et ne peuvent vivre dans ce monde. Ils ont besoin d’un espace protégé qui offre cependant une passerelle. Les accidentés de la vie (chômeurs, handicapés, etc.) ne peuvent être seulement des exclus mais doivent eux aussi être les acteurs de leur propre vie. Nous devons, nous, être les acteurs de cette solidarité.

Il faut savoir également qu’Emmaüs ne touche pas de subventions et je suis sûr aujourd’hui que, grâce à nos entreprises, nous dégageons plus de valeur ajoutée financière que nous ne recevons d’aides indirectes.

 

BA : Quel est le rôle d’une municipalité dans la réinsertion sociale ?

PL : Nous travaillons correctement avec la mairie de Bordeaux, à preuve le dossier des Don Quichotte où nous avons été moteurs avec eux et la préfecture de Gironde par exemple. Nous devons cependant aller beaucoup plus loin. Il faut mettre en place un vrai lieu d’accueil à Bordeaux pour les Grands Exclus. Tous les jours, nous devrions gérer 150 personnes. Il s’agit de mettre en place un dispositif pérenne, dans le temps et dans les moyens. Le financement (aux alentours des 200 000 €) ne représente qu’une somme relativement modique à l’échelle des budgets des collectivités locales.

Nous appelons donc à une Table Ronde la mairie de Bordeaux et le Conseil général. Nous disposons pour notre part de l’expérience, du personnel nécessaire et qualifié pour la gestion d’une telle structure dont le besoin se fait cruellement sentir. La paupérisation ne frappe pas seulement en hiver, elle est présente toute l’année.

Je tiens également à parler de ma crainte sur les logements sociaux sur Bordeaux. En pourcentage, la baisse est certes très faible mais elle existe. Le retard pris est important. Je rappelle que la loi fixe le taux à 20 % ! Afin de combler le retard actuel, il est obligatoire de disposer de 30 % de logements sociaux sur l’ensemble des programmes actuels afin qu’un jour on puisse réellement atteindre les 20 % obligatoires.

 

BA : Pascal Lafargue, merci.

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Les invités du blog
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Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /2007 09:42

Visite du bateau de Greenpeace « Artic Sunrise » samedi matin sur les quais de Bordeaux. Cet ancien brise glace était destiné à la chasse aux phoques … L’objectif était de sensibiliser la population sur la déforestation massive dans le bassin du Congo. Nous sommes reçus par Gregory LEJONS le coordinateur national en charge de la forêt africaine. Là premier regret il nous informe que toute la classe politique bordelaise a été conviée à cette visite. En ce samedi matin seul Nöel Mamère et Philippe Dorthe ont fait le déplacement. Nos politiques auraient-ils peur de ce mouvement ? Après une visite de bateau s’engage une table ronde improvisée entre P. Dorthe et les membres de Greenpeace sur la politique de la forêt tant en France qu’à l’étranger, sur la norme environnementale FSC, l’utilisation du papier recyclé, les aménagements à réaliser en conséquences sur les appels d’offre publics et particulièrement ceux du Conseil Général de la Gironde. Greenpeace nous transmettra l’intégralité de la vidéo afin qu’elle figure dans notre blog. Ce sujet qui semble de prime abord assez technique est néanmoins fort passionnant et montre bien que la politique de développement durable et la préservation de l’environnement nécessite un travail de tous les instants  et l’implication de tous les personnes ayant les leviers décisionnels. Je n’en regrette que plus l’absence de nos édiles, à deux exceptions notables, à ce type d’opération.

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