Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 10:12

Mardi 10 mars à l'Utopia, projection de "Gerboise bleue" suivie d'un débat avec  le réalisateur et quelques vétérans.


 "Gerboise Bleue ", c'est le nom donné au premier essai atomique français  réalisé dans le Sud algérien, en fé vrier 1960. Il y en aura d'autres. Des essais aériens mais aussi souterrains jusqu’en 1978.


Un documentaire formidable qu'il faut voir, que les jeunes doivent voir, mais que bizarrement aucune chaine de télé française n'est prête à diffuser...


Un documentaire qui laisse la parole aux victimes de cette guerre qui a laissé définitivement des traces physiques et psychologiques.


Ceux qui en sont revenus- les vétérans - ont de terribles problèmes de santé
: cancers, problèmes cardiaques, sans compter tous ceux qui ont été dévisagés, amputés...


Parmi ces vétérans, il n'y avait pas que des engagés, il y avait aussi des appelés, des jeunes gars qui partaient pour 24 ou 30 mois faire leur service  militaire dans ce qui était un département Français.

Ils n'ont jamais été prévenus qu'ils allaient servir de cobayes. Ils ont été trompés par l'Etat Français qui n'a, encore aujourd'hui, pas voulu reconnaitre  que leurs séquelles venaient de la radioactivité.

Et surtout, il ne faut pas oublier les populations locales qui n'ont jamais su ce qui s'était réellement passé sauf d'avoir vu un immense champignon qui a  brulé la vue de nombre d'entre eux.
Dans cette région, encore aujourd'hui, des enfants naissent mal formés, ont des  leucémies, des hommes sont aveugles.


Le plus extraordinaire, c'est qu'ils n'en veulent pas aux Français, ils demandent seulement que soit reconnu cette "saloperie", qu'on construise un hôpital pour soigner les cancéreux, et surtout que soit nettoyé le site.

 Il y traine toujours des morceaux de ferraille, des bidons rouillés....

 Honte à nous !

Pardonnez-moi moi pour ce billet un peu long, mais si vous allez voir "Gerboise  bleue"  vous comprendrez ce que j'ai ressenti, comme moi, je pense, vous serez  scandalisés.

 Nota Bene : j'ai vécu 17 ans en Algérie, pendant ce qu'on a appelé les événements  pour  ne pas dire la guerre.

Brigitte Messager

http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=471&mode=film

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 16:52

Il y a des journées vraiment particulières, aujourd’hui est une de celles-ci, assurément.

Un jour fondateur, le premier jour d’une affirmation de soi, un soi collectif et fier.

«  Gwadloup sé tan nou, sé pa ta yo », cette phrase fait couler des litres d’encre sur son sens réel, supposé, inavoué, revendiqué… peu importe ! On la décrypte suivant la place où l’on se situe, moi je la considère nécessaire et juste ! «yo » n’est pas en soi forcément le blanc, c’est le terme générique de l’exploiteur, du paternaliste, de l’arrogant  (oui…c’est souvent le blanc) mais ce n’est pas une revendication raciale d’appartenance à la Guadeloupe, c’est une légitime exigence de respect et d’équité sociale. « yo » englobe tout ce qui empêche, tout ce qui restreint, tout ce qui abaisse.

Quant au « nou », nul n’empêche quiconque de s’y joindre : des « z’oreilles » exploités, il y en a ici et pas qu’un peu. La différence se situe dans le choix d’être ici parce que c’est - croit-on - la vie de rêve et le gain facile et puis on peut repartir si ça va mal. Combien sont ici depuis des années et vivent leurs relations sociales hors travail en vase fermé ? Certes, ceux-là doivent se sentir visés par le « yo » ! Tant pis, ils ont eux-mêmes rapetissé leur humanité…

 

Aujourd’hui est donc jour de deuil, c’est à dire jour de fête ! L’île accompagne et porte en terre son enfant, son camarade, son symbole. Une mort criminelle et absurde est devenue sens. Jacques Bino, syndicaliste et  membre du groupe culturel et carnavalesque aussi éminent qu’engagé Akiyo, rassemble à Petit-Canal, son petit village natal, une marée humaine incommensurable pour une veillée et des obsèques dignes d’un grand du monde.

Il est des coïncidences qui renforcent la symbolique : Petit-Canal est un lieu spécifique méconnu des touristes : c’est ici que débarquaient les esclaves, c’est ici que chaque marche grimpant vers l’église porte le nom d’une tribu d’Afrique ayant contribué dans l’horreur au peuplement de la colonie. Sur la dernière marche - celle d’en haut - est gravé  le mot « Liberté », les guadeloupéens aspirent désormais à y lire Egalité et Fraternité…

 

Le gymnase du village voit confluer une foule gigantesque vêtue de noir et de blanc mais les visages sont noirs, tous ! Sauf les nôtres et ceux des journalistes présents qui, du coup, nous sautent dessus en s’interrogeant sur notre présence… ! Ainsi donc les convictions auraient une couleur ? J’ai honte pour ceux que malgré moi je représente, c’est à pleurer ! Pourtant il y a nombre de métros conscients des disparités, beaucoup d’enseignants il est vrai, où sont-ils ? Ils n’ont rien compris ? Nous allons reprocher aux antillais de mener un combat racial alors que ce sont les blancs qui s’excluent du paysage ??

Il est déjà 15 h, voici Elie Domota, le charismatique leader du mouvement LKP  - collectif de syndicats et d’associations - lui-même responsable du syndicat très à gauche et très indépendantiste UGTG. Il est étonnamment encadré par un service de sécurité interne aussi important que peu amène, un vrai chef d’état ! Impression étrange !

Quelques minutes plus tard, seule et à tel point qu’il a fallu qu’elle me frôle pour que je la remarque, Ségolène Royal. Je suis étonnée du caractère anodin de son arrivée, elle s’installe dans le gymnase où se déroule l’office pour une heure encore mélangeant oraisons, chants, ka, discours revendicatifs et témoignages. 

Et puis, la sortie du cercueil sous une haie d’honneur de fleurs, de chants enjoués bien que funèbres,  encore rythmés par le son du ka et du lambi. Et comme d’un seul homme, les poings levés de cette houle humaine se tendent en un  mouvement digne et émouvant.

 

Oui, ce fut une journée particulière.

 

Cerise sur le gâteau ce matin, goutte d’eau qui fait déborder ma colère… Les seuls commentaires que peut énoncer le Parti socialiste, mon parti…, de la bouche de sa première secrétaire, en substance la présence de Ségolène en Guadeloupe et ses propos n’engagent pas le Parti … Bravo, Martine !! C’est bien dommage que cela n’engage pas le Parti, parce qu’il est engagé où le Parti, il dit quoi le Parti pendant qu’ici se mène un combat, un vrai, un qui devrait nous trouver aux avant-postes ? On converse des heures durant, en réunions de section, au pire sur la place des virgules, au mieux sur des concepts grandiloquents avant de retourner à nos réalités confortables et quand de véritables enjeux nous éblouissent, fondements de nos engagements, on se contente du service minimum, d’un petit communiqué au pseudo vibrato d’indignation… avec un lapsus en prime !! J’espère pour toi Martine et pour notre honneur, que peu l’ont remarqué, tu as de la chance, peu nous écoutent !! Et on ose parler de récupération !! Ségolène est là, seule sur ce terrain, où se passe quelque chose, loin de Solférino (la faute à qui ?) alors évidemment, on la remarque ! J’ai vu aujourd’hui les reportages sur la manifestation parisienne de soutien au mouvement,  ou bien mes lunettes me font défaut, ou bien la presse est aveugle…ou bien comme souvent, nous brillions par notre modestie !! Pourtant ça se passait bien en France… métropolitaine, hein Martine ?

Allez, une fois encore nous passerons à côté de l’histoire qui se déroule ! Ce n’est pas grave, la honte se boit sans soif dans notre cher Parti … A la nôtre, camarade ! 

 

Christiane Bélotti-Maridat

Petit-Canal, le 22 février 2009

Le Moule, le 23 février 2009  

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 13:30

Cette frivole comptine que fredonne une de mes filles – comme un acte pavlovien en revenant sur l’île de ses premières années d’école maternelle – prend aujourd’hui un sens nouveau… peut-être est-ce l’envol du papillon, enfin !

Enfant, j’avais lu avec délectation un ouvrage de la bibliothèque rose intitulé – de mémoire – Clara chez les Blanc-Blanc, l’histoire édifiante d’une gamine de mon âge, enfant de colons, sympathisant avec une fillette noire, plus jeune rejeton de la famille Blanc-Blanc !! Une vision incroyable des colonies, condescendante et compassionnelle à souhait, certes, un truc écrit dans les années 30, fleurant bon le Banania !

 

Bref, en arrivant en Guadeloupe pour y vivre, il y a quinze ans, j’étais naïvement convaincue que la République, et la gauche de surcroît, avaient éradiqué toutes différences, sur le plan du droit tout au moins. J’ai vite pris la mesure du décalage absurde et inique : un SMIC très inférieur à celui de la métropole, des allocations familiales minorées (des fois que « l’argent-braguette » aurait favorisé encore davantage  la démographie locale !), une absence de prise en charge des fournitures scolaires de l’enseignement primaire sur la quasi totalité de l’île (à l’exception des rares municipalités communistes), pas de restauration dans les collèges publics, un coût des denrées injustifié, un amas surréaliste de bidonvilles autour de Pointe-à-Pitre, un sous-emploi patent des locaux dans les entreprises gérées par les métros, un pathétique inventaire… Depuis, les disparités en terme d’allocations ont été quelque peu gommées, les collectivités territoriales ont pris leur part autant que possible dans les prérogatives qui leur reviennent, mais tant reste à faire, à commencer par le respect.


Le plus étrange pour moi était cette résignation de la population locale, incompréhensible…et les élections successives  confortant  des potentats locaux aux mœurs condamnables mais jamais ou presque condamnées, un clientélisme vigoureux et infantilisant ! Et puis, hélas, une société guadeloupéenne hiérarchisée et cloisonnée – et pas selon l’unique critère manichéen noir-blanc ! Des communautés clivées  par une sorte de déterminisme archaïque issu de l’histoire de la colonisation, ancré dans des réalités économiques inéluctablement conflictuelles.

On assiste aujourd’hui soit à un soubresaut sévère de ce système soit et je l’espère, à l’envol du papillon !

Christiane Bélotti-Maridat

Le Moule, 19 février

      

 

 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 17:55

 

 

Drôle d’ambiance … je connais parfaitement cette île et pourtant ce soir elle a un air étrange  – comme une amie que l’on reconnaît à peine – malgré le mélange d’odeurs familières, telles les effluves de poulets boucanés le long des routes des Grands Fonds qu’emprunte notre chauffeur afin d’éviter les barrages routiers jusqu’à la maison que nous louons au Moule. Déjà, à l’aéroport, quasi personne : en trois minutes, le contrôle qui prend des plombes en temps normal est effectué.

Nous prenons rapidement nos marques dans notre magnifique maison au raz de la mer, un petit en-cas et une première nuit réparatrice du décalage horaire ! Décalage, le maître-mot !

Premier matin : comme un sentiment fugacement paranoïaque m’oppresse alors que nous décidons de parcourir à pieds les deux petits kilomètres nous séparant du village pour y trouver des fruits frais et…des sandales (un de nos sacs plus malin que nous n’a pas pris l’avion !)

Nous saluons avec une courtoisie accentuée la moindre âme qui vive croisée sur le chemin. Notre différence me saute aujourd’hui aux yeux avec une acuité particulière, peut-être sommes-nous déplacés dans le contexte.

Tout se passe avec facilité, sourires, et nous trouvons jusqu’à des yaourts – réputés introuvables – dans une petite superette. 

En fin d’après-midi, nous prenons la voiture et nous dirigeons vers la Pointe des châteaux et son calvaire que nous entreprenons de gravir… non, il ne s’agit pas d’une crise de foi mais de prendre de la hauteur sur la situation puisque d’ici on domine l’île entière. Dommage, la brume obscurcit la vision !

Au retour, à Saint-François, un petit miracle… le marché des producteurs locaux, une profusion à peine imaginable de fruits, légumes, accras, boudin et autres gratins de christophines… «  dites-leur en métropole que la situation n’est pas si grave, c’est pas ici que tu vas faire un régime ! »   me confie en souriant la marchande de petits pâtés au crabe…  Cela aurait pourtant été un moindre mal !

Le deuxième matin est d’une autre tonalité, dès 6 h 30, nous prenons connaissance des évènements de la nuit par le radio-réveil… des émeutes à Pointe-à-Pitre, des barrages un peu partout, des mises à sacs avec incendies de sociétés, propriétés de grandes familles « blancs-pays » et…. un mort, un syndicaliste qui aurait voulu forcer un barrage tenu par de jeunes casseurs, à ce que nous en savons sans certitude. La circulation sur l’île est quasi impossible donc pas de risques inutiles, la plage sera donc notre seul horizon malgré le désir que nous avions de revisiter chaque recoin de cette île sur laquelle nous avons vécu plus de cinq ans, il y a longtemps déjà.

 

Je ne peux m’empêcher de conclure à l’incurie flagrante du gouvernement, comment a t-on pu attendre 13 jours de tourmente pour envoyer un simple secrétaire d’État sans connaissance des réalités locales et sans mandat précis ?  Comment personne n’a  pu « expertiser » la situation antillaise et ne pas prévenir notre président au don d’ubiquité permanent, de l’état de sous-citoyenneté chronique dont souffrent les DOMiens  Au bout de quelques mois de résidence ici, j’avais perçu cette injuste réalité, scandaleuse s’il en est, de notre République « une et indivisible »…!! Pas besoin d’être grand clerc ! La liste est longue et honteuse des renoncements à l’équité, je relisais récemment un texte de Decrès, ministre des colonies du premier consul Bonaparte, chargé de rédiger un rapport sur l’état de la rebellion en Guadeloupe précédant le rétablissement de l’esclavage en 1802 :

«   La liberté est un aliment pour lequel l’estomac des nègres n’est pas préparé. Je crois qu’il faut saisir toutes les occasions pour leur rendre leur nourriture naturelle sauf les assaisonnements que commandent la justice et l’humanité. » (in Joseph Ignace, le premier rebelle de Roland Anduse, éditions Jasor)

 

Je ne commettrais pas de déni de réalité en mettant sur un pied d’égalité les deux époques mais force est de constater et de regretter que la métropole appréhende avec une condescendance certaine et une somme incommensurable de clichés erronés ses territoires « exotiques ».

Qu’associe la quasi totalité de nos concitoyens à l’évocation des Antilles, si ce n’est plages de rêve, cocotiers, ti punch, langueur, carnaval, paradis fiscal et retraite dorée ? La réalité a pour nom Carénage, Boissard, chômage massif, jeunes en mésestime, déracinement obligatoire… et Vaval n’aura peut-être pas plus lieu que la guerre de Troie !

Et pourtant quelle situation idéale pour notre pays que ces territoires à l’orée du continent américain, à un saut de puce du Brésil… Quelle tête de pont inespérée !

Décalage, décalage !!

 

Pour l’heure, José Bové est attendu aujourd’hui, invité qu’il est par le syndicat des producteurs agricoles, je ne vois pas trop en quoi cela désamorcera quoi que ce soit (je n’ose dire au contraire), il ne manquerait plus que Besancenot comme pompier pyromane !

Chacun est suspendu désormais à l’issue des rencontres de demain entre le président, auquel plus personne ici n’accorde crédit, et les élus locaux sérieusement controversés pour leur supposée complaisance à l’égard du pouvoir. Autant dire une gageure !

 

Demain sera donc un autre jour…

 


Christiane Bélotti-Maridat

Le 18 février depuis Le Moule, lieudit L’autre Bord…

 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 20:49




JEUDI 29 JANVIER
TOUS DANS LA RUE

QUAND IL Y A GREVE
ON S'EN APERCOIT

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Editorial
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 17:42



L'équipe de Bordeaux Avance vous adresse ces trois voeux pour cette nouvelle année.

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Editorial
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 10:07

Anéantie par le trop-plein de vulgarité morale qui submerge les journaux d'information tous médias confondus, j'ai cessé depuis des semaines de m'intéresser à l'actualité. Je n'en perçois que des échos, tous pires et plus affligeants les uns que les autres. Plus possible de supporter la vision ni la voix de Sarkozy et de sa clique. Et je ne suis pas la seule. Beaucoup d'amis autour de moi se détournent même des infos sur France Culture... Et je me sens malheureuse. Comme exilée sur une île déserte dans un film de Bergman.

Comment adhérer à un parti politique et ne plus pouvoir se sentir en liaison avec la Chose politique ? C'est une position insupportable et vraiment culpabilisante. Certains ricanent lorsque je dis m'être réinscrite au PS. Certes, il est tout à fait ridicule aujourd'hui de soutenir un parti aussi piteux et devenu insignifiant devant le rouleau compresseur sarkozien. Mais il est encore plus ridicule de se morfondre, de bougonner les bras ballants en attendant que « ça » passe. Notre rôle et nos moyens sont modestes. Mais c'est un petit rien qui fait tout. Toute la différence. Alors ne laissons pas en sommeil notre capacité d'échanger et d'exprimer notre colère. Colère de voir se mettre en place un système médiatique totalitaire. 

Un appauvrissement organisé de la pensée et de tout sens critique. Une  dégradation systématique du regard et de la curiosité...

Colère de voir saccagés le service public, la culture, l'éducation. 

Pourquoi, en contrepartie, si peu de mobilisation autour des lycéens, des étudiants qui descendent par petits groupes dans la rue ? Pourquoi si peu d'échos aux drames qui sont rapportés ici ou là sur Internet (chiens, rafle dans les écoles...), sans parler de la situation désespérante que vivent certains profs (dans des zones sensibles ou même pas) : j'ai entendu récemment le témoignage d'une jeune prof de français qui, les larmes aux yeux, racontait son impuissance devant des élèves qui, par provocation, se tailladent les veines pour souiller leur copie ou n'hésitent pas à se masturber ouvertement   pendant les cours... et sa solitude face au silence de ses collègues qui craignent pour leur poste ou l'absence de soutien du proviseur qui craint tout tapage médiatique... Des exemples, il y en a certainement d'autres : profs insultés ou agressés dans des boîtes privées, ou carrément culpabilisés par leur directeur d'établissement d'abord soucieux de ne pas déplaire aux parents parce qu'« ils paient »... 

Qu'en dit-on sur la place publique ? Des soupirs, des haussements d'épaule fatalistes. Et puis plus rien.

La violence des faits rapportés n'est rien face à la violence du long silence qui les suit.

Nous vivons dans une société qui dévale une pente et entraîne dans sa chute les valeurs d'un authentique humanisme voué à disparaître dans l'obscurité d'un magma d'indifférence.

Je ne suis pas bouddhiste, je ne suis pas zen. Je n'ai pas la sagesse des singes chinois. Et ma colère ne peut pas être tranquille. Mais qu'en faire ? L'enfermer dans un bocal et taper dessus pour faire de la musique ? Le pire, c'est que je sais que nous sommes nombreux à vouloir crier. Mais les révoltes éparpillées restent inaudibles. Les convictions de gauche qui nous lient sont un ciment, ne le laissons pas tourner à vide dans la machine. Si nous donnons des exemples de paroles, d'opinions, de témoignages martelés tous les jours, tout le temps, nous parviendrons peut-être à sensibiliser, concerner cette foule de sympathisants hyper sceptiques et effrayés par le spectacle lamentable du PS, pour leur donner à penser qu'ils peuvent aussi avoir voix au chapitre et, qui sait, se motiver pour s'engager un peu plus...

Alors, les copains, ne pensez-vous pas qu'il serait temps de réactiver le blog, occuper le terrain à notre façon, pour que notre petite voix se joigne à d'autres et recommencer à jouer aux Indiens qui envoient des messages dans le ciel ?


Véronique pour Bordeaux Avance 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 17:02

Le recul du président Sarkozy sur le fichier « EDVIGE » est une belle démonstration que les pétitions citoyennes ne sont pas vaines !   


Ainsi, après avoir recueilli 130 000 signatures, la pétition – mise en ligne en juillet après la présentation de ce fichier jugé très dangereux pour les libertés individuelles – force le gouvernement à revoir sa copie et les médias à se faire l’écho des nombreux opposants allant même jusqu’à semer la zizanie dans les rangs de la droite et à forcer le président à sortir du bois une fois de plus pour ramener le
calme au sein de sa propre majorité.

 

Redevenu démocrate et humaniste Sarko ? Sûrement pas, mais inquiet du ralliement des Français à l’opposition mise en œuvre par les partis de gauche, les associations, les syndicats, les ligues de défense des droits de l’Homme, de la ligue de l’Enseignement et j’en passe.

Il faut continuer ce combat et persuader un maximum de citoyens à
manifester contre ce fichier le 16 octobre (date de la Sainte-Edwige, la pauvre !!) et demander le retrait pur et simple de ce texte qui n’a pu que germer dans des esprits nostalgiques du bon vieux temps où l’on fichait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un opposant !

 

Facile après pour un pouvoir en place de faire reconnaître comme coupable de 1000 maux et de la moindre agitation ces personnalités marquées à l’encre rouge !



Ce n’est pas de cette façon qu’un État doit Garantir la sécurité publique, la Dina chilienne, la Stasi (allemande !), le KGB russe – et j’en passe – ont démontré l’utilisation de ces fichiers malsains.


 Après le recensement des sans-papiers en préfecture, le fichage des politiques, des homosexuels, des délinquants !! À quand la couleur des yeux et les marques du baptême ?



 Ce rejet par les citoyens de ce pays m’amène à penser que Pierre Rosanvallon n’a pas tort quand il parle de « réinventer la démocratie ». « L’intérêt du plus grand nombre ne peut plus simplement être assimilé à celui d’une majorité. Le peuple ne s’appréhende plus comme un bloc, il s’éprouve plutôt comme une addition de situations spécifiques. »

 Vaste débat qui doit nous interpeller et nous montrer la voie d’un engagement dans la résistance, unis contre ce qui touche à nos libertés essentielles.



 Dominique POIRIER

 

 

 

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Revue de presse
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 19:36

Le vote de Jack Lang est scandaleux, trahir son camp à ce point là est inacceptable, mais, cerise sur le gâteau, des députés PS considèrent que l’on peut aussi voter une loi qui par quelques points, même minimes, sont sur notre ligne.

 

NON !

Sarkozy c’est la casse du Code du travail, c’est la chasse aux sans papiers, c’est le fichier Edvige, c’est la franchise médicale, le discours de Dakar, la visite au Pape et l’attaque contre la laïcité, le mépris des syndicats et des partis d’opposition, la venue de Kadhafi reçu comme un prince, le pouvoir d’achat qui se rétrécit, l’ANPE transformée en grande machine à radier. Toute caution donnée à ce pouvoir c’est trahir vos électeurs, Messieurs les députés PS, qui vous ont désignés pour défendre les valeurs de la République : Liberté, Egalité et Fraternité.

Retournez devant eux et allez leur expliquer à ceux qui ne peuvent plus se soigner, trouver un logement, payer l’école pour leurs enfants, que l’ont peut temporiser.

Ce qu’ils attendent de vous, c’est que vous les défendiez contre des lois iniques votées depuis le début du  mandat de ce Président qui distribue des millions d’euros aux patrons et à Tapie, qui avoue qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses pour des réformes sociales, pour l’hôpital public et les prisons, qui supprime les postes d’enseignants, qui veut ficher tout ce qui ressemble de près ou de loin à un opposant !!!

Allez expliquer au monde culturel la menace ayant pesée sur le livre avec la proposition de suppression de la loi Lang, la main mise sur les médias, aux associations d’Education Populaire les restrictions de subventions, aux laïques la comparaison entre le curé et l’instituteur, aux défenseurs des droits de l’Homme l’attitude à Pékin et les camps de détention de sans papiers, aux syndicalistes le dénigrement des grèves et la mise en place du service minimum, aux directeurs de prisons l’augmentation des incarcérations sans places supplémentaires, aux éducateurs la politique envers les mineurs, aux chômeurs la fusion de l’ANPE et des Assedic , etc…

 

Et d’aucun accepterait de pactiser avec ce pouvoir !?!

Que le PS fasse l’unité en son sein et qu’il construise une vraie opposition au lieu de se faire perpétuellement la guerre des chefs. Cela ne le grandit pas, et surtout qu’ils enlèvent les carottes qu’ils ont dans les oreilles, ces chefs,  pour écouter la rue car ils n’ont vraiment rien compris depuis 2001 et malgré la défaite de 2007.

 

« Tout pouvoir, qui ne se légitime ni par la raison, ni par l’équité finit toujours par provoquer à la longue, dans la famille comme dans l’Etat, l’irritation,  la rébellion, la révolution. »

Maria DERAISMES

 

Pour Bordeaux Avance, Dominique POIRIER, une femme de gauche en colère

 

Par Bordeaux Avance - Publié dans : Billet d'humeur
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 15:50

Convention nationale de ratification de la nouvelle déclaration de principes et des nouveaux statuts

 

 

J’ai eu la chance de faire partie de la délégation girondine pour ce grand rassemblement des socialistes qui avait lieu à la Villette à Paris.

 

Les travaux proposés lors de ce grand rassemblement étaient le fruit des débats auxquels nous avons tous participé dans nos sections et fédérations : plusieurs amendements proposés par la fédération de la Gironde ont été adoptés dans la déclaration finale.

 

Toutes les « éléphantes » et « éléphants » du Parti étaient présents et, même si certains « lionceaux » n’avaient pas fait le déplacement, on a pu observer un grand consensus sur ce texte qui doit être notre véritable carte d’identité et qui définit ce qu’est être socialiste au xxie siècle.

 

Les principaux amendements adoptés lors de cette grande convention furent notamment l’ajout dans notre préambule d’un alinéa revendiquant le souvenir de 1848 avec l’abolition de l’esclavage et la lutte contre les esclavages modernes, le fait que le Parti socialiste fait sienne la déclaration des Droits de l’Hommes de 1948. (Dans son premier article, le PS réaffirme qu’être socialiste « c’est vouloir changer la société »).

Les autres amendements portent davantage sur la forme que sur le fond, à l’exception de l’article traitant du féminisme et de la lutte contre les discriminations qui a été divisé en deux articles distincts. Même chose pour la culture et l’éducation qui sont désormais développés en deux articles spécifiques.

 

Lors de cette convention, j’ai été particulièrement attentif au comportement de nos dirigeants en cette période de pré-congrès : entre Ségolène Royal – s’installant parmi les militants et non au premier rang, fuyant légèrement les caméras –, Bertrand Delanoé ou Martine Aubry, tout sourire au premier rang devant les journalistes, Jean-Luc Mélenchon ou Henri Emmanuelli essayant de se faire reconnaître par les journalistes, la danse était assez convenue par moments… Les vraies questions ? Effacées par le jeu de l’image ! 

À noter de grands absents : Arnaud Montebourg, Jean-Marie Cambadelis ou Emmanuel Valls. Et parmi les intervenants à la tribune, tous très consensuels, il n’y en avait pas un pour briguer le mandat de Premier secrétaire, seuls les « seconds couteaux » se sont engagés.


On peut souligner tout de même que derrière cette belle image d’unité, Gaétan Gorce a demandé un vote contre la Déclaration de principe (plus pour la forme que pour le fond), puisqu’il regrettait qu’il n’y ait pas eu suffisamment de débat sur la question, et Jean- Luc Mélenchon qui trouvait trop léger l’article sur la question européenne s’est abstenu…

 

La question européenne, parlons-en. Après le vote irlandais, elle fut l’invitée surprise des débats… Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, et Angelika Schwall-Düren, numéro 2 du PSD allemand, nous ont d’ailleurs félicités pour nos travaux et réaffirmé leur volonté de construire une Europe plus sociale et moins capitaliste. Tous les intervenants ont par ailleurs exprimé leur déception vis-à-vis de ce vote et demandé qu’il soit pris en considération.

Seul Jean-Luc Mélenchon s’est réjoui du rejet irlandais…

 

Lionel en léger différé de la Convention nationale du Parti socialiste


 

Le discours de François Hollande : http://discours.parti-socialiste.fr/2008/06/16/discours-de-f-hollande-a-la-convention-nationale-du-14-juin-2008/

La Nouvelle déclaration de principe : http://actus.parti-socialiste.fr/2008/06/14/declaration-de-principes/
Les nouveaux statuts :
http://actus.parti-socialiste.fr/2008/06/14/le-%c2%ab-vivre-ensemble-%c2%bb/
Par Bordeaux Avance - Publié dans : National
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